‹ Le Fond de l'Œil dans les Affections Du Systeme NerveuxChapitre 5 sur 74 · FRÉQUENCE DE L’ATROPHIE DU NERF OPTIQUE DANS LE TABES · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE DE L’ATROPHIE DU NERF OPTIQUE DANS LE TABES

Ilest difficile de savoir exactement dans quelle proportion les lésions oculaires et surtout l’atrophie des papilles surviennent dans le tabès, En effet, les malades atteints d’ataxie consultent dans les services de maladies nerveuses; et, comme l’atrophie est bien moins fréquente quand les malades sont incoordonnés, les statistiques faites dans ces services tendent à donner des proportions trop faibles. Au contraire, dans les services d’ophlalmologie, on rencontre principalement des malades présentant de Patrophie et quelques tabétiques atteints de paralysies oculaires, mais leurs autres manifestations du tabès sont tout à fait frustes : dans ce cas la proportion des atrophies papillaires par rapport au nombre de tabès examinés sera évidemment trop élevée.

14 MALADIES DE LA MOELLE Voici les résultats que fournissent les différentes slalistiques [j'en emprunte plusieurs à l'excellente thèse de mon ami le

D' Fabre (29)] :

Marina (0826, 20. ICE Rte 9 atrophies sur 92 {abès, soit près de 10 p. 100

GALELOWSRL SN CE 20 à 25 p. 100 LÉBRR CPR EE SACS PE 26 — FRB-Sur A0 CS RAR 49 — BeENTARDT (O0). SRE RER A0 le Lermpacn,(81),:sur 400 cas. 067 pure Gone (98). MAN RER 13 p. 100 DiLLMaANN (5%, sur 100eas 12 —

(dans une clinique d’ophtalmologie).

A: LERLAIO) Sur 1286-20 26,9 p. 100 BERGER (00), sur 100 RE rene 44 p. 100 VAN UROSE COS SLR OR Ce 88 —

(dans des cliniques d’ophtalmologie et de maladies géné-

rales).

Jai examiné les yeux de 126 tabétiques, dont 51 à la Clinique de mon Père et 75 dans des services de médecine, principalement dans le service de M. le Prof, Raymond. Sur les 126 tabétiques j'ai observé 69 fois l’atrophie des papilles (ce qui donne la proportion de 50,7 p. 100). Mais sur les 51 malades observés à la Clinique de mon Père, 45 présentaient une atrophie des papilles (soit 88 p. 100), et sur les 75 autres tabéliques, je n’ai noté l’atrophie que dans 19 cas (soit 25,3 p. 100). Il y a par conséquent des différences très variables, suivant que les observations portent sur des malades observés dans un service de médecine ou dans un service d’ophtalmologie. C’est ce qui explique qu’on puisse trouver dans les statistiques des auteurs des chiffres si différents, allant de 10 et 12 p. 100 à 80 p. 100. En réalité, ce dernier chiffre est trop élevé et les premiers trop faibles ; il faut, je crois, admettre une proportion assez large de 20 à 30 p. 100, réunissant tous les cas de tabès.

Par rapport aux atrophies des nerfs optiques dues à d’autres causes, l’atrophie tabétique se rencontre dans 28,3 p. 100 des cas

TABÉS 15 d'après une statistique des Quinze-Vingets, dans 37 p. 100 d’après Uhthoff (38) et dans 65 p. 100 d’après mon Père. De Graefe donne la proportion de 30 p. 100, et Peltesohn (47) celle de 31,4 p. 100 d’après les malades qu’il a examinés à la Clinique du D' Hirschberg.

Les 126 tabétiques que j'ai examinés se décomposent en S9 hommes et 37 femmes. Sur les 37 femmes, 19 présentaient de l’atrophie papillaire, et sur les 89 hommes l’atrophie se montrait 45 fois. La proportion est donc à peu près la même pour les deux sexes: mais comme le tabès est en général beaucoup plus fréquent chez l’homme que chez la femme, il est tout naturel que l’on rencontre plus d'hommes que de femmes atteints d’atrophie des nerfs opliques. Panas admet que l’on trouve 20 à 30 femmes présentant de l’atrophie des papilles pour 70 à 80 hommes.

On a cherché aussi quelle pouvait être l'influence de l’âge sur l'apparition de l’atrophie des papilles dans l’ataxie.

Uhthoff sur 34 sujets a trouvé :

Hommes. Femmes.

Entre 30 et. 40 ans. . . . Fi / — A0 et 50 ans. . . . . 12 3 — 99 ct 60 ans. . . .. 7 3

D'après la statistique de mon Père, on trouve :

Hommes. Femmes, Entre 90 et. 40 ans. - : .… . 329 S7 UN AUS ET OUCANES 7 1. 479 115 7 oUret PU Ans, Ge, | 148 D6

Parmi les tabétiques que j'ai observés, j'ai pu noter 92 fois le début des troubles oculaires et j'ai trouvé que ce début s'était fait aux différents âges dans les proportions suivantes :

Hommes. Femmes, Entre=20 et 30, ans. . . : . k »

DC AN ANS, à + : ts D AO ANA eue » 10 À A OT DANS Re à à (9 1 0e D0DIANSS + . Y

OU AOULANS... à: : 4 »

On voit ainsi que toutes ces statistiques sont d'accord: c’est entre 40 et 50 ans que commence le plus souvent l’atrophie papillaire.

Entre 50 et 60 le début est déjà plus rare. Avant 30 ans et audelà de 60 les cas sont beaucoup moins fréquents.

Je citerai cependant le cas d’un jeune homme de 30 ans qui avait contracté la syphilis à l’âge de 17 ans : il eut dès 25 ans quelques symptômes de tabès fruste et avant 30 des troubles de la vue qui se manifestèrent par de l’atrophie blanche des deux papilles.

Par contre, un homme de 70 ans, syphililique à 40 ans, ne présentait pas de troubles tabétiques autres que l’atrophie double des nerfs optiques qui avait débuté un an auparavant, par conséquent à 69 ans.

Mais ces cas sont tout à fait exceptionnels, et c’est bien dans l’âge moyen que la vue se perd chez les tabétiques.

On rencontre cependant quelquefois l'atrophie de la papille chez des enfants; ce sont des tabétiques héréditaires, et bien que peu fréquente, cetle variété a été plusieurs fois signalée par les auteurs. Marburg (98) a observé l’atrophie des papilles dans un tiers des cas de tabès infantile.

Remak décrit trois cas de tabès héréditaire; dans les trois cas il y avait de l’atrophie des papilles : il s'agissait d’une fillette de 12 ans et de deux garçons, l’un de 14 et l’autre de 16 ans.

Mendel cite aussi un cas de tabès héréditaire accompagné d’atrophie. Eichberg (53) a noté une atrophie des deux papilles chez une tabétique héréditaire âgée de 15 ans. J'ai observé dans le service de M. le Prof. Raymond un cas analogue aux précédents : 1l s'agissait d’une Jeune fille de 16 ans, ayant une atrophie complète sans perception lumineuse; les pupilles étaient irrégulières et inégales. Les réflexes rotuliens et achilléens étaient abolis. |

Ainsi donc l'atrophie des papilles est une complication de l’ataxié locomotrice qui peut survenir à toute époque de la vie, avec une prédominance bien marquée pour l'âge moyen de 40 à 50 ans.

Y'a-til un rapport entre le moment d'apparition de l’atrophie des papilles et des aulres symplèmes du tabès? [ei on aborde une question qui a soulevé de nombreuses discussions, sur laquelle on a beaucoup écrit et au sujet de laquelle beaucoup d'auteurs sont en désaccord. |

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