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LA RÉVOLUTION DU 4 SEPTEMBRE

M. Magne, quoique profondément touché de ce lang^age d'une personne qui lui témoignait habituellement de la défiance et de la froideur, dut répondre : « Madame, il n'est pas toujours possible « d'éviter l'effusion du sang , pour conjui'er de plus grands li malheurs. » M. Magne, racontant ces faits, ajoutait : u L'Impéu ratrice a été en quelque sorte volée par la destinée fatale qui lui u a dérobé l'occasion de manifester, pendant le siège, les grandes u vertus d'intrépidité et d'héroïsme qui étaient en elle. Elle eût u été la première aux remparts et sur le champ de bataille. Elle eût (( renouvelé les exploits légendaires de Jeanne d'Arc, de Blanche « de Castille. Quel effet ce courage, eût-il produit sur les Parisiens? «Aurait-on critiqua, aurait-on admiré? Peut-être la population « impressionnable de Paris eût-elle été entraînée par cet exemple , u et eût-elle fait des prodiges qui auraient ranimé la popularité de « la famille impériale, et accéléré la délivrance de la France. »

u Pendant que les députés étaient réunis dans les bureaux, un commandant de la garde nationale demanda à être introduit auprès de M. Schneider, avec lequel causait en ce moment M. Magne. U entra : u II faut, dit-il au président, que vous ouvriez sans plus tarder la séance , et que vous prononciez la déchéance, n M. Schneider répondit qu'on ne pouvait rien faire avant de connaître le parti auquel se seraient arrêtés les bureaux. Ce commandant, que M. Magne revit dans la suite à Bordeaux, était M. Laurier. Quelques instants plus tard, la Chambre était envahie. On a reproché à M. Trochu , qui avait alors le commandement des forces militaires de Paris , d'avoir ménagé un succès certain à ses amis politiques , en confiant la défense de la Chambre menacée : 1° à un régiment de ligne composé de recrues et de soldats dont plusieurs , appelés à intervenir, n'eurent rien de plus pressé que de lever la crosse en l'air; 2" à une garde nationale commandée par M. Laurier.

il Au milieu des incidents si variés de cette journée, où l'esprit de parti, où la passion politique joua un plus grand rôle que le sentiment patriotique, au point de faire dire qu'il l'étouffa, il en est qu*on ne saurait passer sous silence. Un billet expressément destiné à M. Magne, qui devait être remis à lui-même, contenait à peu près ces mots, de la main de M. Guizot : a Tenez bon, résistez à la révolution. L'empereur de Russie s'est engagé à vous procurer la paix, sans aucune perte territoriale, moyennant une indemnité de guerre à l'Allemagne. » Ce billet, M. Magne ne désespère pas de

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