‹ Le fond de la société sous la CommuneChapitre 113 sur 117 · LE CAMP DE CONLIE · texte numérisé non relu

LE CAMP DE CONLIE

ne suivrait point M. de Kératry s'il se présentait san^ caractère légal, et qu'il ne s'embarquerait avec lui dans aucune aventure. M. de Yauguyon a protesté que tel était aussi son sentiment, quîpa- Fut partagé par tous les ofBciers présents. Le train spécial amenant MM. Glais-Bizoin et de Kératry est arrivé en gare de Conlie vers six heures trois quarts. A peine était-il arrêté que M. de Kératry se penchant à la portière sans descendre et serrant avec effusion les mains des officiers présents,, les invitait à prendre place dans les wagons et priait quelques-uns d'entre eux, notamment MM. Julien et Rousseau , de monter dans le compartiment où il se trouvait pour faire le trajet de la station à la gare du camp.

Cl Pendant le trajet, l'un d'eux, pressé d'éclaîrcir le mystère qui entourait encore ce brusque retour, demande à M. de Kératry ce que cela signifiait.

« Cela signifie qu'il n'y a plus de gouvernement; que l'armée de Cl la Loire est désorganisée ; que tous les pouvoirs sont en désarroi, tt et que je reviens à Conlie pour ressaisir le commandement de u mon armée et la sauver. »

u Telle fut la réponse à peu près textuelle qui fut faite. M. de Kératry s'informant alors de ce qui s'était passé depuis son départ, notamment dans le service de l'artillerie , et apprenant qu'on avait reçu l'ordre de faire affluer sur Rennes tout le matériel susceptible d'être attelé, s'exclama en disant que dans toute l'administration militaire actuelle il ne voyait que trahison organisée. Arrivé à la gare du camp , la salve ayant été tirée, M. de Kératry est descendu, et s'est rçndu, avec tous les officiers au quartier général, où M. de Marivaux l'attendait dans la salle à manger. Quelques mots de politesse ont été échangés sans aucune explication , puis on s'est mis à table : M. Glais-Bîzoin à la droite de M. de Kératry et M. de Marivaux à sa gauche.

u MM. Rousseau 'et Julien ayant diné, sont allés dans le cabinet du général commandant le camp, où ils ont trouvé le général Lalande. Là, M. Rousseau n'a point dissimulé les doutes graves qui s'élevaient dans son esprit sur la légalité de ce qui se passait. Il en a fait part au général Le Bouëdec, qui était entré un instant pour écrire une dépêche. Le général répondit que tout allait s'arranger pour le mieux , que M. Glais-Bizoin remettrait le général de Kératry en possession de son commandement , que lui Le Bouëdec resterait au camp de Conlie, et que M. de Marivaux irait à celui de Carentan. Pendant le dlnerdel'état-major , un attroupement d'officiers

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