‹ Le fond de la société sous la CommuneChapitre 115 sur 117 · AU CAMP DE CONLIE · texte numérisé non relu

AU CAMP DE CONLIE

rent face à face avec MM. Glaîs-Bizoin elde Kératry. M. Rousseau en profita pour demander nettement à M. Glais-Bizoîn de reprendre l'entretien interrompu, et pendant que M. Julien rentrait avec M. de Kératry et s'expliquait très-vivement avec lui, la conversation put se poursuivre pendant une demi-heure environ.

M A la question très-précise de M. Rousseau lui demandant s'il venait à Gônlie comme un membre du Gouvernement séparé de ses collègues et agissant en dehors d'eux, sans^ leur aveu, ou bien s'il avait reçu un mandat pour prendre des décisions en leur nom, M. Glais-Bizoin répondit qu'il était venu seulement en visiteur et sans caractèi^ officiel , qu'il entendait se borner à faire un rapport sur ce qu'il aurait Vu, mais qu'il ne prendrait aucune décision sans en référer à ses collègues. On lui fit observer que les faits qui s'étaient produits déjà et qui avaient accompagné le retour de M. de Kératry étaient en complète contradiction avec ses paroles; que M. de Kératry avait pris l'attitude d'un véritable général d'armée, donnant des ordres, déclarant que le Gouvernement n'existait plus, etc., etc. M. Glais-Bizoin se borna à protester que tout cela résultait de malentendus, et que, pour sa part, il ne se prêterait jamais à aucun acte d'un caractère factieux. -

((Le lendemain matin, 10 décembre, au moment où ils se rendaient au rapport 9 MM. Rousseau et Julien furent prévenus par un

« planton que M. de Kératry les demandait. Ils se rendirent chez lui) et là, en présence de MM. Glais-Bizoin et Le Bouëdec, une altercation des plus vives , pour ne pas dire des plus violentes, s'éleva entre MM. de Kératry, et Rousseau. M. de Kératry, le prenant de très-

, haut, s^étonna tout d'abord que M. Rousseau, simple colonel du génie ^ se fût permis de posera un membre du Gouvernement des questions qui lui paraissaient singulières. M. Rousseau répliqua que dans la situation critique où se trouvait le pays et en présence d'actes au moins extraordinaires , il appartenait à tout citoyen loyal de demander à qui que ce fût des explications. M. de Kératry se rejeta ensuite sur sa propre qualité de général de division, que M« Rousseau contesta formellement, ce.grade ayant été conféré dans Tartnée auxiliaire et ayant pris fin avec les fonctions qui s'y rattachaient.

(( Datis tous les cas , M. de Kératry n'était évidemment plus général de l'armée de Bretagne, et tous les officiers de cette armée avaient droit de s'étonner de lui voir prendre cette qualité dans une dépêche, comme il l'avait fait la veille. M. de Kératry déclara que

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