COMMUNE DE PARIS. COMMISSION DES RELATIONS EXTÉRIEURES
a Paris, le 16 mai 1871.
u Le Comité de salut public, (I Arrête :
u Art. !•'. — Tous les trains, soit de voyageurs , soit de marchandises, de jour et de nuit, se dirigeant .sur Paris par une ligne quelconque, devront s'arrêter hors de l'enceinte au point où est établi le dernier poste avancé de la garde nationale. .
u A cet effet, un signal spécial sera placé au point d'arrêt par les soins des administrations compétentes.
u Art. 2. — Aucun train ne pourra dépasser la limite précitée sans avoir été préalablement visité par l'un des commissaires de police spécialement délégués à cet effet.
ce Art. 3. — Les travaux nécessaires seront immédiatement exécutés à la hauteur de Tenceinte , pour être en mesure de détruire instantanément tout train qui essayerait de forcer la consigne.
« Art. 4. — Un délégué civil faisant fonctions de commissaire de police spécial aura le commandement du poste chargé de visiter les trains au point <f arrêt.
u Art. 5. — Le membre de la Commune délégué aux relations extérieures, d'accord avec le délégué civil à la guerre, est chargé de l'exécution du présent arrêté.
« Le délégué de la Commune près les chemins de fer prendra ses ordres à cet égard.
(( Le comité de salut public, m
Cette obligation de subir la visite, à l'entrée en ville, de quelques voyous revêtus de l'uniforme de la garde nationale , a été une des exigences les plus dures de la Commune, une de celles qui faisaient le plus vivement sentir aux Parisiens l'bumiliation de leur servitude. Il aurait fallu beaucoup de vexations comme celle-là, et l'on ne se serait pas résigné aisément.
COMMUNE DE PARIS. COMITÉ DE SALUT PUBLIC
« Paris, 16 mai 1871.
u Citoyen ,
it Le comité est informé que les artilleurs défendant les remparts du bastion 64 au bastion 68 au Point-du-Jour ont quitté presque tous leurs postes respectifs; à peine en reste-t-il quinze pour desservir les pièces. Le capitaine Noailles, commandant la première batterie fédérée, n'a plus d'autorité sur ses hommes, qui sont formés d'éléments pris dans divers arrondissements. Il serait urgent de faire rentrer à Paris cette batterie pendant quelques jours , afin qu'elle pût procéder à de nouvelles élections , les officiers n'ayant pas la confiance de leurs hommes.
u Les travaux seraient, dans ces bastions, en un état déplorable; des pièces prêtes à être montées et qui se trouvaient sur le chemin du rempart auraient été atteintes par les obus de l'epnemi , et mises hors d'état de servir.
u Une inspection de cette partie de la défense serait urgente, afin que vous puissiez aviser aux mesures à prendre pour y remédier.
H Salut fraternel.
« Pour le comité de salut public ,
u Le secrétaire de la guerre,
u Signé : A. Hébuette. »
COMMUNE DE PARIS. COMITÉ DE SALUT PUULIC
^ Paris , 16 mai 1871.
(I Citoyen Délégué,
il Le Comité est informé que le Ild*" bataillon, commandé de service hier, n'a fourni que la moitié de son effectif ; la seconde moitié , la plus favorable à la Commune , se refusant à marcher
sous LA COMMUNE. 317
sous les ordres de son commandant , le citoyen GuéneaUy ancien g;endarme et employé à la Monnaie sous le Gouvernement du 4 septembre, convaincue qu'elle était qu'il l'exposerait volontairement et la ferait massacrer. Le citoyen Guéneau ne dissimule pas ses sympathies pour Versailles.
« Veuillez, Citoyen délégué, prendre les mesures que vous jugerez utiles en cette circonstance.
M Salut fraternel.
" Le secrétaire de la guerre^
« Signé : A. Héruette.
MINISTERE DE LA GUERRE. CABINET DU MINISTRE
« Paris, 16 mai 1871.
« Rapport de quatre heures après midi à la colonne Vendôme ; elle ai toujours debout , une poullie de casser qui a légèrement blessé un hom, ce qui remet la fin de l'exécution à deux heures plus tard. La foule est grande , mais calme.
« V officier de service ,
« DiOLLÉ. w