‹ Le fond de la société sous la CommuneChapitre 87 sur 117 · COMPLOT CONTRE LA COMMUNE · texte numérisé non relu

COMPLOT CONTRE LA COMMUNE

Rapport à t ex-préfecture de police.

u Nous voulions, le 19, à dix heures, cerner le café de Suède, où étaient réunis les principaux chefs du complot contre la Commune organisé par Versailles.

a A cet effet , en vertu d'un mandat en due forme signé du citoyen délégué civil à la guerre, avions requis trente hommes des Vengeurs de Fiourens , casernes à la préfecture , et leur avions assigné la place de la Bourse, côté de la poste aux lettres, comme poste d'observation , y devant être à neuf heures trois quarts du soir.

tt Aucune troupe à notre disposition n'a été réunie au lieu indi- 'que ; force à nous, aidés seulement d'un auxiliaire (ne pouvant pratiquer les arrestations que nous nous proposions), de nous retirer.

u Notre présence au café de Suède, nos allées et veniies pour chercher le renfort que nous attendions , ont donné l'éveil aux individus que nous devions arrêter, puisqu'aucun ne s'est trouvé ni cette nuit-là ni celle-ci à son domicile. Hobert, celui qu'il nous importait d'arrêter, qui habitait hôtel Marguerie, près du Gymnase, n'a plus reparu , et les autres conjurés, dont nous ne connaissions pas le vrai domicile, sont absents maintenant des lieux où ils se réunissaient hcibituellement.

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«Cependant, hier, à cinq heures, nous requîmes le commissaire de police Michel, faubourgs Montmartre, et son personnel, et aussi un piquet de dix hommes, (gardes nationaux, pris à la mairie du IX* arrondissement.

u Une souricièi'e extérieure fut établie, afin de ne point donner l'éveil dans le café, pour arrêter et questionner les personnes qui fréquentent le café de Suède.

u Cinq arrestations eurent lieu , mais aucune ne donnait un résultat ; nous avons mis en liberté les citoyens , après' qu'ils eurent subi un interro(;atoire et fourni des preuves de leur identité.

« Un auxiliaire, mis sur la piste d'un citoyen, n'a pu réaliser l'espérance que nous nous proposions.

u Gi-joint^le rapport des interrog^atoires , si^né des citoyens Lazeau. Petit, Sahion, Nunes, Nivert, préventivement arrêtés, et mis en liberté.

u Et à titre de renseig;nements insignifiants, Loutz, Rodereau, servants du café de Suède, Ghauloup, homme de lettres, qui n'a pas sig^né par erreur.

« D'où il résulte que les chefs et complices du complot Hobert , Laroque, Villebois, Villetanel, désignés par les accusés et les témoins, ne sont pas encore arrêtés.

u Gi-joint la photographie de Hobert , saisie sur la personne de Fournier.

« Paris, 21 mai.

« Le frère supérieur délégué d office du délégué civil à la guerre, «

u Signé : Longepied. »

Extrait de la Vérité du 22 mai :

(I Un régiment de^citoyennes a traversé Paris ce matin, conduit par un officier à barbe blanche et, précédé d'une ianfar^. Tout en admirant le courage des modernes héroïnes, nous regrettons le temps où Ton inscrivait sur la tombe des matrones romaines cette épitaphe éloquente :

« Elle resta chez elle et fila de la laine. »

UNE FILLE LIEUTENANT d' ARTILLERIE.

a Nous recevons la lettre suivante :

« Paris, 20 mai.

u Monsieur le rédacteur^

« Hier (vendredi) 19, à trois heures et demie, deux convois de fédérés passaient place Glichy, en face de la statue du g^énéral Moncey ; tout le monde, selon la louable habitude du peuple de Paris,' se découvrait, les femmes se signaient; seul, un lieutenant d'artillerie, étant sur son cheval, ne rendit pas aux morts le respect qui leur est dû. Il était imberbe et paraissait adolescent. La population s'en révolta, l'interpella ; la bride du cheval fut saisie. Aussitôt le lieutenant imberbe,, malheureusement pour lui, s' avisant de parler et s'armant d'un revolver, menaça de tuer quiconque l'arrêterait.

« Un cri se fit entendre : C'est une femme !

« Immédiatement cette virag^o fut désarçonnée , jetée bas de sa monture. Son sabre, son képy d'officier et son revolver lui furent enlevés. Elle fut g^ardée à vue dans un atelier de pierres tumulaires, au n® 89 (près du bureau des omnibus), jusqu'au moment où une dizaine de g^ardes nationaux, armés de leurs fusils, vinrent la chercher pour la conduire à la mairie des Batignolles.

« Cette fille, transformée en lieutenant d'artillerie, refusa de s'en aller à pied; elle enfourcha son cheval, et, nu-tête, les cheveux coupés ras, elle partit avec son escorte.

Il Loin d'être intimidée, elle insultait toute la foule, qui la regardait avec mépris et sans lui faire aucune insulte. Elle écumait de colère, et sa bouche, aux lèvres épaisses, s'ouvrait d'une manière démesurée.

u On prétendait dans la foule que c'était la maîtresse dju commandant d'artillerie , qui , pour ne pas s'en séparer, l'avait créée lieutenant.

(c Déjà , à Yanves , un commandant de fédérés avait fait sa maitresse lieutenant d'un bataillon de marche; i^jourd'hui, c'est le tour.de l'artillerie. Attendons-nous prochainement à apprendre qu'il en sera de même dans la cavalerie.

u II ne saurait en être autrement; la Commune ayant supprimé les u femmes en carte », les a remplacées par les hommes en carte. Il est triste pour les républicains, qui exposent leur vie pour la défense de la République^ de voir que des filles éhontëes soient placées, de par le bon vouloir et le plaisir de

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certains commandants , à la tête d'hommes courageux et honnêtes. <( Veuillez insérer cette lettre dans votre journal , et vous aurez rendu service à la République. » {Extrait du même journal.)

Le Tribun du Peuple y de Lissagaray, publiait les nouvelles militaires qu'on va lire, la veille du jour où les troupes allaient prendre possession d'une partie de Paris. Il est difBcile de pousser plus loin le cynisDfiedu mensonge. Voilà par quels moyens on entretenait les illusions des fédérés et on les poussait audevant de la mort qu'on se gardait bien d'affronter.

Midi. — ce Grand et terrible combat , ce matin, au bois de Boulogne.

u L'action s'étendait de la porte d'Âuteuil à celle des Ternes.

u Après une fusillade très-meurtrière , on s'est abordé à la baïonnette.

tt Les Versaillais , stupéfaits de l'audace des fédérés , qui osaient les attaquer à l'arme blanche, n'ont pu tenir devant leur élan.

« La charge fut irrésistible. Après une courte riposte, les Versaillais se sont réfugiés derrière la batterie de Mortemart, élevée, comme on sait, sur le terrain découvert qui se trouve à l'extrémité du lac supérieur du bois de Boulogne.

tt De nombreux prisonniers sont tombés entre nos mains. Ils affirment tous que les échecs successifs éprouvés par les troupes de Versailles, durant ces trois derniers jours , ont démoralisé les soldats sur lesquels on comptait le plus.

. Une heure. — « Notre messager de Versailles de ce matin afHrme qu'on a arrêté des soldats qui disaient que la guerre était impie. Il faut dire que ces hommes appartenaient aux régiments qui ont été repoussés avant-hier à la Muette, n

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