L£S OFFICIERS DE LA COMMUNE
« Matroux, lieutenant-colonel de cavalerie au quartier de l'Aima, remplaçant deux fois , n'a jamais été dans l'armée que brigadiertrompette.
« A servi en 1870, aux Éclaîreurs de Franquetti, où il était domestique du comte de Martignac ; est soutenu à la Commune par Arthur Arnoult , fait tout ce qu'il veut.
M II a avoué devant deux capitaines (Levesque et Duhauris) avoir en sa possession une calèche qu'il avait achetée moyennant trois chevaux appartenant à TÉtat.
u II paraîtrait d'un autre côté qu'il a vendu vingt-sept chevaux.
« Il a fait sortir le 6 mai du quartier de l'Aima quinze matelas et dix- huit traversins; les hommes de garde et le brigadier du fort peuvent l'affirmer.
a 11 ne s'entoure que de repris de justice de la pire espèce.
u Son lieutenant, adjudant- trésorier, a profité de l'ouverture des piîsons; il faisait à Mazas six mois pour vol. Il s'appelle Féyau t. »
— Dénonciation du 16 mai, signée Lévéque de Monscry , capitaine.
u Des francs-maçons affirment que le colonel Matroux a gardé la paye de cent hommes de son régiment , plus la paye des femmes (soit quatre jours des hommes et huit jours des femmes).
u Les hommes refusent de marcher.
u Nota, Le sieur Régis déclare que le commandant du 149* bataillon, le nommé Polier,^anc-mafon^ a détourné et vendu des souliers appartenant à l'État , etc. n
Cette dernière partie de la dénonciation, du 21 mai, est signée des francs-maçons Descbamps et autres.
RAPPORT
u Voici quatre-vingt-seize heures que nous occupons les tranchées ; nos hommes sont exténués de fatigue ; ils ne peuvent tenir une heure de plus. Si ce soir^ à la tombée de la nuit, nous ne sommes pas relevés, nos hommes sont décidés à abandonner les tranchées.
u Fort ctYvry. Extérieur. — Excellent esprit; demandent à prendre l'offensive, mais ils ont des pantalons rouges et demandent instamment des pantalons parisiens pour éviter le sort qu'ont subi leurs camarades. Le 18 mai , le 89*, en faisant une reconnaissance,' a subi le feu des fédérés pour cette raison.
« Ivry, — Fort commandé par colonel Ranveki (?) ; des femmes de mauvaise vie circulent dans son commandement et détournent
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le soldat de ses devoirs, en l'énervant. Le colonel pourrait un peu plus rapprocher son existence de la vie Spartiate.
« Etat-major généraL — Situation numérique des forces de l'aile gauche :
M Les postes étaient occupés par 6,957 hommes et 71 chevaux, d'après cet effectif; presque tous exténués de fatigue; beaucoup de sédentaires et de vieillards. — 2L Le commandant Brunel remplacera le lieutenant-colonel Monterel à la porte Maillot.
a Le lieutenant-colonel Monterel est nommé commandant de la porte d'Auteuil, et ne relèvera directement, pour cette porte spécialement , que du délégué à la guerre. »
« Autre rapport, Asnières. — Le 166* bataillon de service aux tranchées fait son service avec une grande négligence. Cette nuit, cinquante hommes au plus sur le bataillon étaient présents à leur poste.
« Comité central, neuf heures trois quarts du soir, 21 mai.
a I' arrondissement, colonel Boursier, Etat des bataillons dispo^ nibles, {A suivre,) »