RAPPORT DU 21 MAI
« Trois heures trois quarts.
« J'arrive du Petit-Vanves, où j'ai trouvé presque tous les bataillons en débandade , par suite de l'incurie du colonel du Petit- Vanves, nommé Bréard.
Il Je déclare que ce mauvais citoyen à pour soutiens deux femmes, dont l'une porte les galons et uniforme de capitaine d'étatmajor; la deuxième porte l'habillement de garde national avec brassard d*ambu lance.
« Le caractère et l'inconduite orgueilleuse de ce colonel ont déjà provoqué la menace de faire fusiller le commandant du 131*^ et le lendemain celui du commandant du 148*. Je déclare que ces deux commandants sont vaillants et solides soldats, bien estimés dans leur bataillon.
a Les ordres ont été tellement mal ordonnés pour la retraite qu'ils oubliaient les pièces de canon et l'évacuation des blessés dans l'ambulance.
M II a £ei11u l'énerg^ie du commandant du 148*, M. Swerouchef, pour faire évacuer et les canons et les blessés.
tt Sur mon honneur, c'est l'exacte vérité, plutôt au-dessous.
» J. Cartier, Thirifocq. n
a On peut compter sur l'exactitude de ce rapport.
u H. Deschamps, n (Les francs-maçoDs).
« Bicétre. — Positions bonnes, moral bien contenu, officiers à leur poste et pleins de résolution.
u Remparts. — Les marins demandent des obus à pétrole pour envoyer sur caserne Gourbevoie.
a Autre rapport, — A Gennevilliers, quarante à cinquante soldats. Je n'ai pas aperçu plus de dix hommes à l'intérieur de la redoute.
u Autre inspection du fort de Montrouge y de minuit à quatre heures du matin. — 4 pièces "sans affût. Le génie n'est pas armé; ils quitteront si on ne les arme pas.
u D'après la déclaration du commandant, l'artillerie est incapable de faire le service.
(c II se plaint que ses dépêches ne sont pas bien reçues.
u Le 203* bataillon veut quitter ledit fort.
u Suivent deux signatures, n
COMMUNE DE PARIS
«21 mai.
u Mon cher Général ,
u Vous avez reçu une dépêche du délégué, vous eng^ag^eant à vous replier sur Montroug^e de préférence à Paris. Dirigez-y également votre artillerie. Vous verrez par les pièces suivantes qu'il y a urgence à ce que vous preniez un peu en main ce fort et ses environs.
a Salut et fraternité.
« Henry. »
« Porte 'des Ternes, quatre heures et demie. — Il tombe contiv nuellement des obus.
« Porte Maillot. — L'action a été engagée à trois heures. L'ennemi repoussé, le feu a cessé.
u Le colonel. »
sous La commune.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
EN CHEF (llP armée). Vendôme),
he général Dombrowski au Citoyen délégué à la guerre. (Perlât être tout entière écrile de an main. Orthographe rendue exacle^nent.) Il Citoyen Délégué,
a Malgré toils mes efforts, les travaux ennemis s'avancent toujours, leurs batteries sur les hauteurs de Mortemarl à deux cent cinquante mètresde nos remparts, sont armés à présent de mortiers qui ont ajouté leurs feux au tir du Monl-Valérien , des batteries de Monirelout, de Meudon, du Val-Fleuri, des Moulineaux et des forts d'issy, qui battent par derrière toutes nos lignes jusqu'à la hauteur du bastion 57.
Il La pailie de l'enceinte du Point-du-Jour jusqu'à la porte d'Auteuil est sans défense , les bataillons envoyés pour le service dans ces endroits rentrent immédiatement en désordre à Paris et l'ennemi profite de cet élat de chose pour acliver ses iravaun près de la porte Saint-Cloiid à cent mètres des glacis. J'ai tenté celte nuit une sortie avec les corps francs placés sous mon commandement; une seule colonne, dirigée deNcuilly, a réussi à entrer dans le bois de Boulogne; les autres troupes qui devaient sortir par les portes d'Auteuil et de Pasay n'ont pu sortir hors de l'enceinte par suite d'uD feu que l'ennemi dirigeait sur la porte qu'il a brisé, et détruit le pont-levis et coupé par conséquent toute communication au dehors.
Il Passy et Auteuil sont fortement bombardés et toute cette partie de la ville jusqu'au Trocadéro se trouve dans un état déplorable. L'assaut est imminent. J'ai l'honneur, si c'est votre intention , vu la nécessité, d'employer les moyens les plus énergiques pour organiser la résistance.
(I Tai reçu trente mortiers, je n'ai pas d'hommes pour les servir, je n'ai ni projectiles, ni ustensiles nécessaires au maniement de ces pièces. Les troupes qui sont à ma disposition ne présentent plus que 4,000 combattants à la Muette et 2,000 à peu près à Neuilly, autant à Asnières et Saint-Ouen. Il me manque des artil-
leurs et surtout des travailleurs, lorsque le moment actuel demande un g^and développement de travaux pour la défense qui seule pourrait ralentir la catastrophe.
« Salut et fraternité.
tt Le général en chef,
ii DOMBROWSRI. »
RAPPORT DU 21 MAI. (Orthographe défectueuse.)
M Un cordon de troupes bavaroises est formé de Gharenton , entoure le fort de Vincennes à moins de huit cents mètres, bien en avant des redoutes de Gravelle et de la Faisanderie; des batteries sont montées sur les redoutes et tournées du côté du fort de Vincennes; une espèce de tranchée est ouverte à l'inverse des bastions, des redoutes, c^ est-à-dire du côté des fossés, pour tirer dans la plaine qui re^jarde le fort ; les batteries des redoutes ne sont pas armées mais tout à fait prêtes à recevoir leurs canons. A Joinville-le- Pont, à Gravelle, à Saint-Maur et à Gharenton, la (garnison prussienne a été renforcée de près du double, les rues en sont pleines, et il en est arrivé beaucoup la nuit passé, et, à entendre les soldats, ils reviennent en force pour imposer la paix à Paris. Ils entreront de gré ou de force, voilà le propos que Ton relève dans ce pays. On rencontre aussi des figures qui ont appartenu à la police. On attribue à 50,000 les troupes qui arriveront dans ces environs-là.
M La garde nationale de Saint-Maur me paraît plus hostile à la' Gommunequ'à Versailles. A Ghoisy-le-Roi, les fabriques ayant été fermés, les ouvriers auraient dit qu'ils n'avaient plus qu'à prendre un fusil et à aller derrière les barricades.
a Ë. BouziN. n
Autre rapport de Saint-Denis, — Les forces de l'armée prussienne sont augmentées de 30,000 hommes provisoirement; d'après certains officiers, c'est tout simplement un changement de troupes. Gependant ils construisent des gabions à Villemomble et à Bondy, et disent que c'est pour fortifier le fort de l'ICst, etc.
Lettre avec t entêté du Ministère de la guerre.
« Neuilly, 21 mai, soirée du 20.
« Assez calme de six heures à deux heures, nuit.
sous LA COMMUNE. 365
u Deux heures. Combat d'une violence sans pareille 9 matin.
a Six heures. Ralentissement dans l'action, etc.
u En somme, tout va très-bien sur ce point.
u La barricade Borghèse est percée et criblée de part en part par les obus versaillais, malgré deux pièces qui ne cessent de tirer sur les Yersaillais. On est obligé de la reconstruire toutes les nuits.
u Le 128*' bataillon, arrivé dans Neuilly , se composait de 410 hommes. Aujourd'hui il a en effectif 98 hommes en tout.
u Le colonel Savie, commandant le fort de Neuilly, est nommé général, n
ORDRE (au crayon),
« 21 mai.
(( Envoyer immédiatement tout ce que vous aurez de disponible
en fait de Vengeurs et de francs-tireurs.
tt Les Yersaillais 9 nous les maintenons avec beaucoup de diffi«-
culte.
a Le commandant if artillerie,
« Ghoffelli (?) n
Au Citoyen chef de to 12" légion,
m Si mai.
u Je te signale un grand mouvement de troupes se massant aux environs de Ghoisy-le-Roi , infanterie, cavalerie et probablement artillerie.
u L'intention des Yersaillais doit être sans doute de nous occuper de ce côté.
u Le chef de poste avancé^
u NicoLAï Ghacjtreau. »
L'ingénieur de service H. de Ghavanne signale l'action d'un grand nombre de batteries sur les hauteurs en face de Yanves jusqu'aux Moulineaux. Le temps est brumeux et rend ses observations difficiles.
MINISTÈRE DE LA GUERRE. CABINET DU MINISTRE
' « Au Citoyen délégué à la guerre,
M 21 mai.
(Tout entier de la main de La Cécilia.)
(( II* n'y a plus un seul g^arde national sur les bastions, depuis la porte de Versailles jusqu'au Bas-Meudon.
ti Les artilleurs de leur côté ont abandonné leur poste , et le corn" mandant Barsteld est cause de la panique et a disparu.
Il Envoyez au pas de course trois mille gardes nationaux (je dis trois mille).
u S'il le faut, faites battre le rappel, mais ne perdez pas un instant.
«D'un moment à Fautre nous attendons un assaut.
u Ca général commandant le centre^
U A. La Cécilia. n
u Je vous en prie, faites vite.
a Johannard: n
En tête, de la lettre, de la main de Delescluze (?) , la date et ces mots : « Faire rentrer Worbleskt, qui après de 7,000 hom-' mes. »
De son côté, Walery Worbleski, général commandant Paile gauche, écrivait à Delescluze :
« Gentilly, Si mai.
« Je vous adresse la situation numérique en hommes, chevaux et matériel à la date du jour.
u Je reçois du Petit-Vanves une quantité de bataillons qui m'ar-.
rivent en grande débandade et qui jettent le désordre parmi les
bataillons sous mes ordres et refusent de faire aucun service et
rentrent à Paris criant à la trahison.
u Salut fraternel.
(Signature.)
u p. s. Veuillez bien nous envoyer, citoyen ministre, des renforts
de troupes fraîches avec lesquels je pourrai tout à fait répondre de
la situation.
u W. Worbleski. »
sons LA COMMUNE. S«7