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INSPECTION GÉNÉRALE BES REMPARTS

Ronde du 20 au 21 mai.

Il Bastions 68, 69, 70, 72 . — Service bien fait ; on réclame des munitions.

u Bastion 78, — Les artilleurs se plaignent partout de ne pas voir leurs officiers, et quelquefois c'est ce qui les oblige à cesser le feu, car ils se trouvent découragés d'être commandés par tout le monde.

« Porte de Versailles, — Bien tenue par le 129* bataillon.

(( Sur les remparts et sur les points menacés par les obus , on y place de la g^arde nationale sédentaire qui est armée de très-mauvais fusils et qui en connaît à peine le maniement, ce qui fait qu'à la première décharge tout le monde lâche pied et abandonne son poste. Il est plus dangereux qu'utile de laisser la sédentaire sur les remparts, où elle nuit plus à la défense qu'à son organisation.

u Le commandant inspecteur en chef des remparts,

u Gaullier. n

Il y a des ordres de Henry adressés à des chefs de bataillon de se rendre immédiatement à Neuilly (en date du -20 mai). Nous doutons qu'ils aient pu être transmis.

u Aux Membres de la commission de la guerre,

u Une communication, , qui nous arrive de Montrou^, nous avertit qu'au fort se trouvent quatre-vingts canons et obusiers qui ne servent à rien à sa défense et qui pourraient être pris en cas éventuel de l'abandon du fort par les troupes fédérées.

M Le bureau militaire, 11* légion, n

{Signature illisible,)

« 10 heures moins 20 minutes.

M J'informe la commission de faire savoir au ministère de la guerre que sur le talus du chemin de fer, les Yersaillais font un feu terrible , se sont emparés de la barricade qui commande la porte de Yanves. Il n'y a plus d'artilleurs pour servir les pièces. Il serait urgent d'y remédier, etc.

u Le citoyen,

a DoE. n

Dépouillement de la correspondance fait chaque jour avec précision et intelligence au ministère de la gueiTe. Nous relevons, à la date du 21 mai, les renseignements suivants :

« YIII (légion?). Accompagné de deux membres du Comité cen*

sous LA COMMUNE. 369

tral, le chef d'état-major a opéré une perquisition dans Fég^lîse Augustin, laquelle a amené la découverte de quelques cadavres.

« Le chef de l'état-major demande qu'on lui envoie ce soir, à six heures, trois cents hommes pour continuer la chasse aux réfractaires.

uX. 24" (bataillon?), démission du commandant Pichereau.

« 108*, démission du commandant Penon.

« 170« à Montroug^e, ne veut pas rester sous le commandement de Lisbonne.

u 107", démission du lieutenant-colonel Coutouly.

u 195" sédentaire, remplace le 111' à la Manutention.

u 194* sédentaire, remplace le 190* à Passy.

« 206* sédentaire,' remplace le 192«.

Il XII. 52*, va partir aujourd'hui à Gentilly, commandant, de Wroblewski.

« XIV. L'arrestation des réfractaires produit des résultats trèssatisfaisants.

u Le 77* au Petit-Vanves, le 129* à Gachan, le 166* à Asnières, demandent à être relevés.

« XIX. Camp Wagram , demande deux cents matelas. »

« Dimanche, 10 heures. — Vingt-cinq mille Versaillais sont dans Paris et Paris l'ignore. Le ciel resplendissait et les bouleyards avaient repris leur ancienne animation. Si « une des plus « belles armées que la France ait jamais eues » avait poussé en ce moment sur l'hôtel de ville et Montmartre, elle eût d'un seul bond conquis toute la ville. » (Lissagaray.)

Le lendemain , » à cinq heures du matin , la Muette était occupée presque sans combat, et l'armée occupait tous les bastions depuis le Point-duJour... U (le général de Gissey) avait franchi les ponts-levis et les remparts sans même rencontrer une sentinelle; à six heures et demie du matin, il touchait au Ghamp de Mars d'un côté, de l'autre, à la gar^ Mont-Parnasse. » (Lissagaray, p. 27.)

« Personne à la Gommune n'avait songé à prévenir, pendant la nuit, ni la porte Maillot, ni les troupes placées à l'extérieur. La direction, si faible jusque-là , avait cessé presque complètement. Ghaque corps désormais n'avait plus rien à attendre que de son initiative... n

Nous avons cité plus haut quelques passages des livres pu* bliés à Londres par le lieutenant-colonel d'artillerie de Varmée de Paris Borgella , aide de camp de Rossel , où il menace de faire danser, avec accompagnement de coups de cravache, les femmes et les enfants des membres de la commission des grâces, autour des gibets auxquels il pendra un jour leurs maris et leurs pères. On peut par là se faire une idée de ses sentiments d'humanité. Voyons ce que valait sa moralité sous la Commune, qu'il servait, qu'il sert encore à Londres, à sa manière. Nou& laisserons la parole au juge d'instruction de la Commune GouUe. On lit dans un rapport en date du 1" prairial 79^ signé de lui :

M Le commandant d'artillerie Roger et le capitaine Clare, de la même arme, me semblent des hommes dont les mœurs sont loin d'être la garantie de leur patriotisme. J'ai réclamé aujourd'hui le capitaine Clare, dont l'arrestation aurait été faite sur l'ordre du colonel Borghella pour des motifs de vengeance personnelle, où les femmes jouent un rôle plus grand qu'il ne conviendrait chez des défenseurs de la Commune, n

En d'autres termes, le colonel Borgella aurait fait arrêter son subordonné le capitaine Clare , pour le punir d'avoir été plus heureux que lui auprès du beau sexe. C'est le juge d'instruction Goulle qui l'accuse d'un aussi odieux abus du commandement.

Le principal intérêt de cet extrait est de faire voir la profondeur de la corruption dans laquelle était plongée la Commune, corruption qui y viciait toutes les relations , aussi bien les relations hiérarchiques que les relations civiles.

u En réalité il fallut, le lundi, commencer à peu près partout l'établissement de défenses intérieures.

u... Le IX" arrondissement, situé au pied de Montmartre, commença dès deux heures à se fortifier... À huit heures nous rencontrâmes Delescluze dans la rue de Rivoli : u Si nous pouvons passer la nuit , dit-il , il y a quelque espoir ; on se remet de la première surprise, les bataillons descendent, n La première impres-

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sion avait été terrible; on avait cru les troupes au cœur de Paris : puis, la lenteur de leur marche avait donné quelque espoir; on s'était tâté; les moins braves étaient rentrés, ignorant qu'il n'y aurait de quartier pour personne ; les combattants sérieux étaient debout. On ne doit pas évaluer leur nombre au delà de douze mille pour les sept jours. » (Lissagaray, pcLssim.)

a Les Versaillais, qui, la veille, en marchant sur l'hôtel de ville^ s'en seraient emparés sans coup férir, trente heures après , lundi matin, juraient pu en deux heures balayer ces barricades embryonnaires... Il leur fallut toute la tranquillité de la nuit (de lundi à mardi ) pour revenir de leur conquête et se convaincre que les comités de défense n'avaient , malgré leurs vanteries , rien prévu ni rien préparé. ♦) (/(/., p. 91.)

« Ajoutons que le vin et l'eau-de-vie ne faisaient pas défaut aux troupes , l'argent non plus. »

Si c'est une insinuation pour faire croire que les exécutions ont été Tœuvre de soldats ivres, nous protestons. Nous avons été témoin de la vigilance avec laquelle les officiers veillaient à ce qu'on ne distribuât à leurs honimes que du vin coupé d'eau, et nous avons vu des hommes refuser nettement le vin pur ou l'eau-de-vie qui leur étaient offerts. Ils étaient généralement faibles et fatigués : quelques gouttes d'un liquide trop généreux leur eussent facilement fait perdre la tète, et chacun d'eux tenait à garder son sang-froid dans une situation aussi grave.

Nous avons vécu trois jours au milieu des soldats. Ils comprenaient, ils raisonnaient très-bien le crime des communeux, tandis que ceux-ci étaient en proie à une ycritable hallucination morale sous l'empire de laquelle ils se trouvent encore, si nous en jugeons d'après les écrits des réfugiés Malon et Lissagaray*

Après avoir rapporté la dernière proclamation de la Commune de Paris aux soldats de Versailles , en date du 3 prairial (22 mai), et où il était dit :

« Faites comme vos frères du 18 mars.

« Quittez vos rangs.

M Entrez dans nos demeures.

a Venez à nous, au milieu de nos familles, vous sei:ez accueillis favorablement et avec joie, etc. »

Lissagaray ajoute :

u Cette adresse, dont pas un exemplaire ne put parvenir aux soldats, était la dernière illusion de beaucoup de membres de la Commune, qui, de la meilleure foi du monde , avaient cru à une défection de l'armée, dès qu'elle serait entrée dans Paris. >r

Cette illusion, tout absurde qu'elle fût de la part d^hommes qui avaient combattu avec acharnement et fait essuyer à la troupe des pertes sensibles, parait avoir existé réellement.

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