F * * * (MRS. L. N
Les Bois de Caillino.
CHANT DE L’feMIGKfe IRLANDAIS DANS I-’aMÉRIQUE I>U NORD.
Ou ! j’ai le cœur bien lourd ! . . j’ai les yeux pleins de larmes. Mon souvenir s’en va vers ces ans pleins de charmes,
Il y a bien long-temps de cela, — bien long-temps,
Où je ne songeais mie, alors dans mon printemps,
Aux noirs soucis d’argent, aux chagrins de ce monde ;
Et que gai jouvencel, tout le jour à gogo Le cœur léger j’errais sous la voîite profonde
De tes bois épais . . . Caillino !
Au printemps de ma vie, au printemps de l’année.
Là j’ai guetté souvent, du sol première née La blanche perce-neige au ciel lancer son lait,
Comme pour dire à tous : de l’hiver c’en est fait !
Et filer le ruisseau frétillant en goguette Sur le beau caillou d’or presto, presto, presto,
Tandis que près de lui vibrait la violette
Dans tes bois épais . . . Caillino !
C’est là que j’ai gagné pour ma femme, Marie,
Elle qui m’a donné dans notre pénurie