LE GALOP 1)E LA MORT
Jusqu’à ce qu’un rayon, un beau rayon du ciel. Vint glisser dans mes sens l'avis officiel Que cette musique sonore Dont le charme si doux fait palpiter mon cœur En l’inondant d'indicible bonheur,
C'est ce mot formulé — c’est ce mot qui restaure, Et qui s'entend du couchant à l'aurore :
“ Eléonore ! ”
J’ai souvent écouté le glouglou du ruisseau,
Il murmurait : “ Eléonore !”
J'ai regardé la rose à l'incarnat si beau,
Sa voix disait : “ Eléonore !”
Tant enfin que m’advint cette conviction Que le fond de toutes les choses, Que. les effets et que les causes, La clé de leur perfection,
Ce qui donnait son parfum à la rose,
Au ruisseau ce glouglou digne d'un virtuose, C'était que le parfum, c'était que le glouglou Connaissait, mais je ne sais d’oïl, Ce mot qu’en tous lieux on adore :
“ Eléonore !"
J'ai souvent entendu le chant du rossignol,
Il ne chantait qu’ “Eléonore !” D'une fée en un bois j'ai surpris le bémol,
Il soupirait : 11 Eléonore !” Lorsque nous quitte le soleil,
Que la terre épuisée, avide de sommeil,
S’endort, — toutes les voix de la nature encore Chantent en attendant le moment du réveil : “Aussi douce que belle, elle est Eléonore!”
Le Galop de la Mort.
Ses 1 parmi les canons fougueux Vomissant des milliers de feux,
A travers le sol rocailleux Ces nobles fous au galop chevauchèrent ! Sub ! sous cette bise d’enfer Tonnant, soufflant, plcuvant le fer, Tous ces héros au cœur si fier A corps perdn l’un l’autre se ruèrent !