LK SOUHAIT DE L’ENFANT AU MOIS DE JUIN
Des boulet» dédaignant le choc.
Sus 1 à travers l’escarpé roc Frappant et de taille et d’estoc,
Nargue des morts qui tombent par centaines,
Ils s’abbattent sur l’ennemi !
Le Russe ne sent à demi Le poids de leurs glaives, parmi Les flots de sang qui coulent de ses veines !
Sus 1 et sans s’arrêter morbleu 1 A travers l’averse de feu,
Ils portent la mort au milieu Des rangs pressés, jusqu’à l’arrière garde.
“C’est bicnl Braves Soldats! c’est bien!
Mais comme dernier entretien,
Sus ! encor chargeons les — un rien !
Mais crânement ... Et puis que Dieu nous garde 1 Lors parmi le cercle d’airain Qui veut leur barrer le chemin,
Ils se ruent, ils se ruent soudain,
Donnant à boire à leurs glaives humides !
Et malgré la grêle de fer Qui pleut sur eux de cet enfer,
Et de son bruit assourdit l’air,
Ils sont au camp ces guerriers intrépides !
Dans les fastes de l'avenir Longtemps vivra le souvenir De ces nobles trépas, visagés sans pâlir,
Par les valeureux tils de la vieille Angleterre !
Ils diront les siècles futurs D’être tués comme étant sûrs, .
Tombèrent ces héros du peuple enfants obscurs,
En courant à la mort dans leur fougue guerrière !
GILMAN (MES.)
Le Souhait de l’Enfant au Mois de Juin.
Mûre, entends-tu les vents ? Ils font joujou,
Laisse-moi flâner, je te prie ;
Sous le ciel bleu la fleur ce beau bijou,
Languit et meurt dans la prairie.
l’espébance et le sommeil.
Vois comme est lent, ce tout petit ruisseau, Comme s'endort la violette ;
Le papillon lui qui fait tant le beau
Sur la rose à peine bauquètc.
Le pauvre Azor au soleil du midi
Dort, et si bien, que chaque mouche Vient se jouer sur son dos arrondi ;
Et la chatte sainte-n’y-touche
Ne pense pas à se débarbouiller.
Voilà l’oiseau qui vole à peine.
Vois-tu maman, — il n’ose gazouiller
De crainte d’user son haleine.
Tu dis maman que je dois travailler,
Mais la cigale, vois-tu, mère,
Tout le jour chante, — et loin de babiller
Le vent s’occupe ... à ne rien faire.
Je voudrais bien — oh ! je voudrais maman, Etre de là haut un nuage,
Lors je viendrais, moi, te servir d’écran,
Et n’aurais mère, d’autre ouvrage !
GOODRICH (H. N.)
L’Espérance et le Sommeil.
Pour applanir pour nous le sentier de la vie
Court il est vrai, mais souvent raboteux,
Le bon Dieu nous donna deux beaux anges des cieux : Pour égayer le jour, l'Espérance ravie,
Et le calme Sommeil pour nous dire le soir
Des chants du ciel, qu’il nous fait entrevoir.
Quand un brouillard épais nous obscurcit la vue,
Que les soucis sévissent avec brait,
De notre jour faisant une profonde nuit,
Quand enfin contre nous le noir chagrin se rue, L’Espérance nous montre au loin dans le ciel bleu De chaud soleil un beau rayon de feu.
Et lorsqu’ avec le jour s’éclipse l’Espérance,
Et que la nuit revient troubler nos cœurs.