‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 11 sur 396 · A ELÉONORE · texte numérisé non relu

A ELÉONORE

Ces heures d'autrefois étaient â nous .... Si bien ! Que nos âmes encor courent mêmes bordées.

Tiens, prends, ô batelier, tiens prends voilà pour toi, Je suis ton débiteur, prends ce triple péage, Invisibles pour toi, deux amis avec moi,

Ont fait la traversée, et te dois leur passage !

A Eléonore.

Quand à travers le ciel tout empourpré d’aurore Le soleil matinal jette un regard sur toi

Mon doux amour, ma chère Eléonore Comme je pense à toi, pense à moi, pense à moi !

Et <|uatid les blancs reflets de la lune folâtre De ta fenêtre ouverte inonde la paroi,

En ce moment, ô toi que j'idolâtre Pense à moi mou amour, comme je pense â toi!

Les Pensées d’un Exilé.

La clochette ne peut maintenant me charmer;

Elle est pour moi sans éclat la bruyère ;

Dans le défilé solitaire,

La violette croit, mais sans rien embaumer.

Mais bien que te regrette ô gentille clochette,

Mieux vant pour moi que tu sois tout lâ bas ;

Que de pleurs je verserais, las !

En te voyant briller ici ma joliette !

Hélas! quand tomberont des rayons de soleil De cette nue et si froide et si sombre,

Pour chasser nn seul instant l’ombre, Et rendre de ce mur le ton chaud et vermeil ?

Oh ! que mon pauvre cœur fait son deuil par avance De la saison oit renaissent les fleurs ;

N'aurai jamais assez do pleurs Bien aimé sol natal pour pleurer ton absence !

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