EPITAPHE
Sous cette argile, ici, repose nn Jouvencel A la gloire inconnu, que n’aima la fortune ;
La Science reçut ses vœux sur son autel,
Et la Mélancolie eut en lui sa tribune.
Sa charité fut grande, et sincère son cœur;
Mais du ciel il reçut une ample récompense ;
Aux pauvres donnant tout ce qu’il avait, — un pleur, 11 obtint un ami;— toute son espérance.
Ne cherchez plus au long les secrets du tombeau, Mérites ou défauts dorment sous cette pierre, Laissez le reposer dans cet espoir si beau De s'éveiller en Dieu, notre sublime Père !
Ode à l'Adversité.
Fille de l'Eternel, implacable puissance,
Qui par l'affliction rapproches tous les rangs ;
Toi dont le fouet de fer, au jour de la souffrance, Est l’épreuve des bons et l’effroi des méchants ; Tou intlexiblc main frappe l'orgueilleux même; Sous la pourpre flétri, le front humilié,
Tu montres au tyran tombé du rang suprême Qu’un cœur tel que le sien cherche en vain la pitié.
Le jour oïl la vertu, pour être objet d’envie,
Dans les desseins de Dieu descendit ici-bas,
Dans les mêmes desseins il te donna la vie,
Pour former son enfance il te mit sur ses pas ; Docile à tes leçons, ô nourrice Bévère,
Longtemps elle en suivit les seutiers épineux ;
Le sentiment des maux et sa propre misère La rendirent propice au sort du malheureux.
ODE AU PBINTEM1‘8.
A ton rigide aspect fuit avec la mollesse Des volages loisirs l’essaim tumultueux,
I>a bruyante gaîté, le désordre, l’ivresse,
Et la folie assise au banquet des heureux. Déconcertés, confus, sur ton aile rapide S'éloignent les amis de la prospérité,
Et les fourbes adroits dont la langue perfide,
En mentant it l’orgueil, flattait sa vanité.
Sous un habit de deuil, la sublime Sagesse S’occupe près de toi de pensera consolants,
Plus loin, les yeux baissés, la profonde Tristesse S'interroge en silence et médite à pas lents ;
Dans ton vol solennel la Charité brillante Et l’austère Vertu montent vers l’Eternel;
Tandis que par des pleurs la Pitié bienfaisante Soutient le malheureux en lui montrant le ciel.
Pour l’ennemi de Dieu ta voix est foudroynnte. Esclave frémissant sous tes liens vengeurs,
Il sent le désespoir, ton aspect l’épouvante,
Et dans la mort il tombe, environné d’horreurs. Avant do me frapper de ta main menaçante. Ecoute, Adversité, les accents de ma voix,
Je présente <\ tes coups ma tête suppliante :
Daigne sur ma faiblesse en modérer le poids.
Prends ta forme bénigne, et que ton influence,
De la philosophie empruntant les attraits,
Dans mon cœur ulcéré ramène l’espérance,
Et sans le déchirer corrige ses excès.
Par ta vive étincelle il peut encor renaître Au plaisir du pardon, à la douceur d’aimer :
Pour les autres, pour moi renouvelle mon être . . . Homme ! . . fais que ce nom je le fasse estimer !
Ode au Pbintkmds.
Voici le char doré des heures De ces suivantes de Vénns,
Il sort des célestes demeures Sous la conduite de Phœbus.
C’est le Printemps la fleur nouvelle Perce la neige, et Philomèle