ODE AU PRINTEMPS
Répond au langoureux Coucou,
Tandis que le Zéphir timide Jette ses parfums dans lo \ide,
Comme un CDfant qui fait joujou.
Partout oit les branches de chêne Vers les cieux s’élancent en dais,
Partout oît l'arbre porte-faine Rend le bois encor plus épais,
Près d’une mare solitaire,
Sur la mousse ou sur la fougère,
Le poète viendra s’asseoir, lit la méprisera la foule,
Et des vains orgueilleux la houle I^es Grands— si petits de savoir I
A son labeur l’homme a fait trêve ; Haletant s’endort le troupeau,
Cependant voici qu’il s’élève Un murmure affairé— nouveau.
La jeunesse insecte volette Toute empressée à la buvette Du Printemps imbibé de miel ;
L’un touche il peine à la soucoupe,
L’autre plonge au fond de la coupe,
Et puis du se mirer au ciel.
Pour l'œil contemplatif du sage Sur la terre ainsi nous vivons,
Pareils il l'oiseau de passage Vifs — ou musards nous finirons.
Faire l’école buissonnière,
Ou fournir utile carrière,
l)e chaque homme c’est le destin ;
Et tous, broyés par la fortune,
Ou par la vieillesse importune,
Arrivent h semblable fiu.
Mais voilà que Sainte-Nitouche Empruntant tout l’art d'un rhéteur Me dit : Qu’es-tu? . . . Rien qu’une mouche Misérable moraliseur !
Tu n'as pour partager ta joie Ni compagne à robe de soie,