‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 118 sur 396 · LE BON VIEUX TEMPS · texte numérisé non relu

LE BON VIEUX TEMPS

Regardez, ô Mondains ! regardez gens frivoles ! Qui traitez les vertus de vaines fariboles,

Qui consacrez au monde et vos nuits et vos jours, Qui ne priez jamais, qui vivez à rebours ; Philosophes pédants, Vaniteux, Egoïstes,

Sages du coin du feu, gangrenés Moralistes,

Oh ! que votre valeur vous servira de peu Au jour du jugement, quand serez devant Dieu!

Le Bon Vieux Temps.(')

Le bon vieux temps ! le joyeux bon vieux temps ! Quand j’étais jeune et libre,

Que sous l’orme entendais les carillons pimpants De Pasques,— de mon cœur faisant vibrer la fibre 1 Le rameau du dimanche à mes côtés, — ma croix Sur la main dît ! . . mon cœur en paix dans ma poitrine, Et du soleil la splendeur purpurine ! . .

Le bon vieux temps que le temps d’autrefois ! . .

Mon bien aimé, mon cher vallon natal

Quand sur toi me lamente,

Ce n’est pas qu’en ce monde il mes yeux tout soit mal, Que soit pâle ma joue, ou ma démarche lente :

Non, j’ai plus de raison, ou du moins je le crois,

Que lorsque je faisais école buissonnière,

Mais mon savoir est greffé sur misère I Oh ! le bon temps que le temps d’autrefois !

Oh ! bien assez pour ma part ai vécu Pour avoir joie et peine ;

Pour savoir que l’amour même, hélas est vaincu,

Que la tendre amitié s’affadissant, est vaine ;

De la douleur aussi pour sentir les émois,

Et sourire pourtant, chose assez difficile,

Pour adorer qui plus est ma pauvre Sle,

Et pour chanter le bon temps d’autrefois !

Assurément le pays n'est changé ;

De leurs gammes nouvelles

(l) Nous avons déjà donné uno version do ce joli poème dans les " Rayons et Reflets."

Page 1