LA VEILLÉE DES NOCES
Les oiseaux font jaillir le concert obligé ;
Les Heurs comme jadis poussent fraîches et belles ! Il y a du soleil où se plaît le chamois,
Le saule ondoie encore au dessus de ma tête ;
Mais sur mon front a passé la tempête . . . Qu’est devenu le bon temps d'autrefois?
Oh ! reviens donc bon vieux temps d’autrefois, Pour que mon cœur s’épauche, De Pasques fais vibrer en moi les doux émois,
Que je reporte en main mon rameau du dimanche ! Mais las ! si je pleurais tous mes pleurs à la fois,
Si j’égrenais mes soupirs par centaines,
Oh ! bien en vain couleraient ces fontaines ! . . Ne reviendra le bon temps d’autrefois I
La Veillée des Noces.
Le prêtre était assis des noces prés la table,
Le gâteau de noce était fait,
De noces le bahut était très confortable,
Et le lit de noce au complet.
Près du foyer était assis le père,
A ses côtés était la mère ;
La blanche mariée était en beaux atours,
Mais de son œil morne était la paupière . . .
“ Ululah !
Ululah ! ”
Vite tombe la nuit, le soleil en arrière
Se montre ... et loin sur l’eau sont ses amours.
Dans l’occident je vis rouge-sang un nuage,
Sitôt le lever du matin,
Que préserve le ciel l’élu du mariage
Ce soir, de tout mauvais destin !
La porte s’ouvre, et la brise stridente Rugit, et jette l’épouvante ;
C’est . . . oui, c’est la Banshee et ses lugubres cris De par le mont annonçant son passage.
“ Ululah 1 Ululah 1”
Le jour a cessé d’être, et devant le sillage
De son bateau les flots font leur roulis. l 2