SUR LA MORT DE LORD BYROÎÎ
Au beau milieu dansait le papillon léger Qui donnait de la vie à ce tableau sublime En haute mer.
Ne s’arrêtant â rien, de plus en plus léger Il volète brillant, ou s’éclipse à la vue ;
Mais la pluie et la nuit vinrent voiler l’éther . . . Il ne dansera plus jamais devant la nue En haute mer.
Comme Icare tombé de ce haut bclvéder Il meurt comme ses pairs, et pas plutôt peut-être ; Mais il s’est élevé jusqu’au plus haut de l'air,
Il a senti, connu peut-être le bien-être
En liaute mer !
Sur la Mort de Lord Byron.
Le voilil terne l’œil de feu!
Gisante est la tête orgueilleuse,
Le barde est mort, — du demi-Dieu Se tait la lyre harmonieuse.
Pâle est la lèvre qui chantait Du cœur les plus profonds mystères, Froide est l'âme par qui vibrait Et nos gloires et nos misères !
Le sein qui toujours fut en paix ; L’œil encor vierge d’une veille ;
Le pouls qui ne s’émut jamais ;
Le cœur où tout encor sommeille :
Même ceux là seront émus A ce deuil qui couvre le monde ;
De l’œil qui ne pleurera plus Tombe une larme sans seconde.
De l’amour do l’humanité En son cœur il sentait la fibre,
Il adorait la liberté,
Harold est mort, Harold est libre.
Mets le glaive hors du fourreau Grèce, sois digne de sa gloire,
Brise tes fers sur son tombeau En hécatombe â sa mémoire !
CHANTS DK NOTRE PATS.
QueU chants nouveaux! quels doux accords! Qui sut si bien toucher la lyre ?
Pour nous, plus de ces vifs transports,
Avec Harold le charme expire.
Oh ! si de son chant immortel Un seul souffle surgit encore,
Sur le tombeau du ménestrel Puisse-t-il voltiger sonore !...
Paix à l’enfant de divins chants,
Que d’autres lui jettent la pierre !
Comprennent-ils, les mécréants,
Un cœur ardent, une âme altière?
Le spectateur peut rarement A travers l’art porter sa vue,
Peine de cœur le plus souvent A ses yeux passe inapperçue.
Paix à l'enfant de la douleur !
Paix à l’enfant de la nature !
Un cœur tel que le fut son cœur Fut toujours exempt de souillure.
Son corps dans la nuit du tombeau Repose, hélas ! froide poussière,
Mais son âme, éternel flambeau Vit au séjour de la lumière !
Chants de Notre Pays.
Chants de notre pays vous logez dans nous-mêmes : La puissance et l'éclat des plus grands diadèmes Dépérissent, mais vous, vous restez frais et beaux D’un fleuve au lit profond comme les vertes eaux. Des siècles écoulés vous conservez les pages,
Vous nous rendez l’esprit des poètes, des sages,
Et vous thésaurisez dans vos refrains exquis Les plus nobles vertus — chants de notre pays !
Dans la nuit du tombeau le barde peut descendre,
Et le froid de la mort peut pénétrer sa cendre,
Mais au lointain des ans le pouvoir de ses vers Embrasera les cœurs, de leurs plus doux concerts. Sa lyre éveillera des échos dans les âmes,
Et de la liberté ravivera les flammes,