A LA TERRE EN 1IIVEK
Quand même ses accents un instant assoupis, Sommeilleraient en vous, chants de notre pays I
Chants de notre pays vous tenez les archives Des cœurs bons et loyaux, des légendes naïves ;
Vous nous montrez la gloire et ses brillants hochets, De l’amour sans espoir les funestes effets ;
La page peut se perdre, et s'endormir la plume.
Sur un tombeau l’oubli peut (•tendre sa brume,
Comme de frais ruisseaux, quand tout le reste est pris, Mais seuls vous nous restez, chants de notre pays !
Chants de notre pays vous êtes un dictamo Au cœur de l’exilé, vous bercez sa grande âme ;
Vous suivez au désert le pauvre voyageur Créant des oasis aux parois de son cœur ;
De ses monts qu’il aimait, de ses verts pâturages.
Vous lui rendez présents les merveilleux mirages,
Oui vous ôtes la vie et l'espoir des bannis,
Chants toujours bien aimés, citants de notre pays !
Lorsque vient le printemps dans sa magnificence Redire à la forêt : “ Renais à l’espérance !"
Le vieux sapin du mont par la brise agité Donne au loin de la voix avec solennité.
De siècle en siècle ainsi la harpe de l'Irlande ;
Du barde a ceint le front d'une verte guirlande ;
Et scs accords heureux échos du Paradis,
Vous font aimer de tous, chants de notre pays !
A la Terre en Hiver.
Sous les neiges d'hiver, sous leur brillant manteau, Calme dans ton repos, comme dans un tombeau Tu gis, ô belle Terre !
Des rayons du soleil les charmantes enfants Oit sont elles les rieurs? O il sont-ils les doux chants Qui saluent la lumière ?
Où sont les doux glouglous de tes joyeux ruisseaux? Sur tes monts verdoyants où Bont les gais troupeaux?
On n’en voit plus de trace!
Où donc est-il le chant de l'oiseau dans les bois !
Oii le bourdonnement de l’abeille aux abois ?
Pourtant belle est ta face !
CHANT SUR LA MORT I)'üN ENFANT.
Scintillant, reluisant comme des diamants,
Tiges et rejetons brillent de foui dormants,
On dirait des étoiles !
Qui donc a fait ainsi ton gentil édredon ?
D’un aussi blanc manteau qui donc t'a fait le don? Qui t’ôtera tes voiles ?
Ce Dieu — ce Dieu si bon dont l’étemel amour A. veillé sur le monde ; — et dès le premier jour Sur nous veille sans cesse !
Dors donc un tantinet ; dors Terre 1 dors eu paix ! Car sa protection ne faillira jamais,
Jamais à la faiblesse !
Bientôt tu surgiras sous îles cieitx plus cléments, Belle de ton repos, jeune de ton printemps Dans ta grâce divine !
A nouveau le bon Dieu rachètera tes pleurs,
En faisant sur tes pas germer scs belles tleurs Joyaux de ta poitrine!
Chant sur la Mort d’un Enfant.
Il est mort et parti : — c’est une fleur En une heure née et flétrie ;
Sur son tout petit front, de la pâleur La mort a mis la draperie,
Et sur ces yeux si vifs, si frais,
Les scellés sont mis pour jamais.
Désormais pour lui plus de peine, Pour lui non plus de joie humaine.
Scs regards si brillants jadis N’auront plus de douce surprise,
La mort habite le logis Où son âme avait sa remise.
Il est vide aujourd'hui son doux berceau,
Son doux berceau de pleurs humide,
Comme le nid d’un tout petit oiseau Parti sur son aile timide ;
La crécelle du jeune enfant Elle est muette maintenant, .
Et ces petits mots de tendresse Balbutiés avec simplesse,