LE CADRAN DES FLEURS
Qu’est-ce donc quo la mort ? Et pourquoi donc toujours L'homme dans la tristesse amoindrit-il ses jours D’un pareil univers devant la face heureuse ?
L’ombre du corbillard, du cyprès, de l’yeuse De ses brillants espoirs efface la lueur.
Oh ! pour lui que n'est il un mot consolateur Qui vienne du trépas lui préparer la route,
Que n’est-il une main dont la gente douceur Lui fasse trouver bon le tombeau qu'il redoute I
HEMANS (MES. FELICIA).*
Le Cadran des Fleurs.
C’Était un doux penser que de marquer les heures Qui roulent vers l’Eternité,
Par les fleurs entr’ouvrant ou fermant leurs demeures,
Et qui rient dans les jours d'été.
Ainsi chaque moment avait à lui sa teinte Corolle et calice divers,
La rosée y pouvait se reposer sans crainte
Comme une perle au sein des mers.
Le temps pût s'écouler avec si doux indices
Dans un torrent toujours doré,
Avant que l'homme eut dû du jardin des délices Quitter le séjour adoré.
Ainsi les jours ont pu se compter avec charmes,
Jours de rêves, de chants si beaux, Lorsque dans l’Arcadie, ignorant les alarmes,
Les bergers menaient leurs troupeaux.
Et de même en cette île oh le bonheur réside
Au loin dans une mer sans vents,
Et dont maint nautonicr de la trouver avide
N’a pu voir quo les affluents.
Et cependant la vie en sa course réelle
N'a-t-elle pas toujours aussi Quand un plaisir s'éteint, espérance nouvelle
Qui vient lui dire : “ Me voici 1 ”