‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 137 sur 396 · NUAGES FILEZ VITE · texte numérisé non relu

NUAGES FILEZ VITE

D'un aussi vilain tour je déduis pour morale :

Que souvent sous les fleurs il se cache un serpent ; Que rose ou que baiser ont douceur sans égale,

Mais que de les cueillir parfois on se repent ;

Et que la plus belle églantine

Sous un dehors pimpant Cache toujours hélas I une cruelle épine !

DEYWOOD (THOMAS).*

. Nuages filez vite.

Nuages filez vite ; — et salut à toi jour !

Avec la nuit disparaît la tristesse ;

Brise, doucettement va, porte à ma maîtresse L’expression de mon amour.

Oiseau fais ta toilette, Pour plaire à son esprit, moi j'emprunte toujours Avec l’aile du vent le chant de l’alouette ;

Et toi doux rossignol de ta voix de velours Va dire le bonjour à mes gentils amours,

Va dire le bonjour à mes gentils amours !

Sors de ton lit mousseux mon petit rouge-gorge Et dis bonjour à mes gentils amours ;

Et pour mieux me prêter votre charmant concours Oiseaux laissez-là le grain d'orge :

Que votre voix toujours Merle, grive, étourneau, verdelet et fauvette A vos douces chansons donnent un libre cours,

Que chacun à l’envi citante son ariette,

Pour dire le bonjour à mes gentils amours,

Pour dire le bonjour à mes gentils amours !

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