‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 15 sur 396 · UNE PENSÉE SUH I.ES HIRONDELLES · texte numérisé non relu

UNE PENSÉE SUH I.ES HIRONDELLES

Qui par son père étaient compris, N’excitcront plus la surprise :

La mort habite le logis Où son âme avait sa remise !

Une Pensée sur les Hirondelles.

Avez-vous entendu le vol de l'hirondelle Qui bruit apportant le printemps sur son aile?

Au ciel l’avez vous vu se frayant un chemin Sur elle tournoyer dans des cercles sans tin ?

Avez- vous remarqué ses jeux remplis de grâce Quand l’été près des eaux elle passe et repasse ? Ou son regard jeté sur le blé déjà mûr Qui paraît annoncer un changement futur ? Lorsque les quelques fleurs que la tin d’été donne Auront courbé la tête au souffle de l’automne, Qu’une douce tristesse envahira le lieu Oh tant de jours joyeux ont trouvé leur milieu :

Le soupir exhalé par le triste feuillage,

La teinte déjà froide où meurt le paysage,

Le rideau morne et gris dont se couvre le ciel, L’approche de l’hiver, son abord solennel,

Et l’ombre qui descend du sommet des montagnes Et noircit tout à coup et vallons et campagnes,

Et l’air qui se fait froid, tout enfin dit “ Adieu 1" Pour l'oiseau chaque signe est la voix du bon Dieu Qui vient lui dire : il faut la quitter ta patrie,

Pour ne plus y venir qu'à la pâque fleurie. Cependant chaque oiseau de lanterner d’abord, Jusqu'à ce qu'à la fin chacun d'eux soit d’accord. Il s'assemblent alors dans la verte prairie Et sans s'abandonner à douce rêverie,

Ils partent en silence, et tous d’un vol pareil S’en vont vers des climats bien plus près du soleil, Après s’être armés tous d’une force stoïque Pour porter cet exil de façon héroïque,

N'osant pas cependant à l’heure du départ Sur un passé bien cher jeter dernier regard,

Drapés dans l'avenir ils prennent leur volée,

Et vers la chaude Afrique ils s’envolent d’emblée.

Et leur séjour ici j’en aurai fait profit

Si, moi j’appreuds par eux, pourquoi le ciel me fit;

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