A CÉLIE
A ma santé bois avec tes seuls yeux,
Avec mes yeux moi je bois à la tienne ;
Ou permets qu’un baiser dans ta coupe s’égrène,
Je n’y chercherai pas vin plus délicieux.
La soif qui vient de l’âme Pour s’assouvir demande un jus divin, Mais point n’échangerais le nectar de Jupin
Contre ta coupe, Gente Dame.
Je t’envoyai ces jours derniers plusieurs Koses et lis, en forme de couronne,
Pas tant pour t’honorer, ô ma toute mignonne,
Que pour donner la vie éternelle à ces Heurs :
De ces lys, de ces roses A peine eus-tu respiré le parfum Que les reçus de toi. — Depuis ce temps chacun
Peut les croire fraîches écloses !