‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 146 sur 396 · A CÉLIE · texte numérisé non relu

A CÉLIE

A ma santé bois avec tes seuls yeux,

Avec mes yeux moi je bois à la tienne ;

Ou permets qu’un baiser dans ta coupe s’égrène,

Je n’y chercherai pas vin plus délicieux.

La soif qui vient de l’âme Pour s’assouvir demande un jus divin, Mais point n’échangerais le nectar de Jupin

Contre ta coupe, Gente Dame.

Je t’envoyai ces jours derniers plusieurs Koses et lis, en forme de couronne,

Pas tant pour t’honorer, ô ma toute mignonne,

Que pour donner la vie éternelle à ces Heurs :

De ces lys, de ces roses A peine eus-tu respiré le parfum Que les reçus de toi. — Depuis ce temps chacun

Peut les croire fraîches écloses !

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