LEWIS (MISS MARY
Aux Fleurettes Printanières.
Pour nous sourire encor laissant là vos cachettes,
Vous voilà de retour mes timide» fleurettes,
Et du sein de la terre où vous faisiez dodo,
A la voix du Printemps vous accourez presto.
Nous vous aimons bien plue, voyez-vous, douces Choses, Depuis que vous avez fait vos métamorphoses.
Pour nous que de chagrin quand quittant notre éther, Nous restâmes sans vous, seuls visageant l’hiver.
Mais souvent nous pensions à vous, gentes fleurette». Pendant le noir hiver et ses heures longuettes ;
Et cherchions à saisir les accents des oiseaux Vous disant de venir au bord de nos ruisseaux.
Car vous nous rappelez aussi la souvenance De ceux qui ne sont plus, nos aimés de l’enfance ;
Mais nul joyeux accent du plu» riant été Ne peut les rendre, hélas ! à notre anxiété.
Pourtant vous nous parlez clairement d’espérance,
De son divin amour à Lui, notre Croyance.
la cloche de l’église.
Puissions-nous, comme vous, c'est là notre cher vœu, Trouver un sûr abri, sous l’aile du bon Dieu ,
Entendre autour de nous sévir en vain l’orage,
Lorsque nous serons cois sous ce céleste ombrage ; N’ayant d’autres soucis que voir bientôt les cieux Des rayons du soleil s’enflammer radieux.
Et quand notre séjour ici, sur cette terre,
Enfin aura passé comme une ombre légère, Puissions-nous dans la tombe attendre patients Comme attendent les fleurs . . Notre Etemel Printemps I
O Fleurs ! qui répandez partout sur notre voie L’encens de vos parfums, Fleurs 1 de nos yeux la joie ! Nous le savons, bientôt vous allez dépérir ;
Mais vos enseignements . . . vivront dans l’avenir !
LOCKYEE (STEWART).*
La Cloche de l’Eglise.
Dans le sombre boudoir De la tour de l’église,
Oh le soleil est noir,
Suspendue à la frise
J'ai jeté l’eau bénite à nombre de mortels Allant s’agenouiller aux pieds des saints autels.
Ermite solitaire J’existe sans souci,
Ma cellule est de pierre,
Et mon cœur certe aussi,
Du monde sous mes pieds je sais fort peu de chose, Et de son grouillement ne m’occupe ... ne glose.
Je règne et trône en roi Dans mon petit domaine,
Sans courtisans ma foi,
Aussi sans tire-laine ;
Ayant pour seuls sujets, et la chauve-souris,
Et le rat, hôte obscur de mes machecoulis.
Je ne suis dérangée Que lorsque les choucas
' LA. CLOCHE DK l’ÉOLISE.
Par leur aile allongée Annoncent un trépas,
Ou que quelque hibou lorgnant au loin sa proie Me quitte avec des yeux tout éclairés de joie.
De ma puissante voix Jour et nuit moi je compte Le temps qui fuit pantois ;
Moi dàje ne l'escompte:
Qu’il se hâte, — s’attarde ... oh 1 ça m’est bien égal I Du temps, de son parcours, je me fiche pas mal I
Lorsque de minuit l’heure Je la sonne tout haut,
Que dans chaque demeure Tout d’un sommeil lourdaud Dort, et profondément: ohl qu'il fait bon entendre De l’écho qui bruit, la voix fidèle et tendre ;
Et madame Arachné Qui du haut de la voûte De l'Encapuchonné Nous raconte l’absoute ;
Et le bois qui gémit, et cherche vainement A me rivaliser en craquant fortement.
A mon appel sévère Au saint jour du Seigneur,
Gai, chaque pauvre hère Vient prier le Sauveur ;
Car de Dieu la maison est un Lieu de prière,
L’asile de la paix et du bonheur sur terre.
Comme mon carillon A travers la bruyère Va creuser son sillon Dans la campagne entière,
Pauvres, riches de loin entendant sa chanson Avec amour et joie en bénissent le son.
Mais par un jour de fête Lorsque tout au bonheur Un cœur fait la conquête D'un cœur selon son cœur.
Ou quand descend des cieux un charmant petit ange, En branle je inc mets d’une façon étrange.
LA CLOCHE DE l’ÉGLIBE.
De mon gosier d'airain Lors je lance ma note,
Avec joyeux tin tin Je danse la gavotte ;
Et je bats mon battant tant, tant, tant, tant, tant, tant Qu’ivre, ma vieille tour vacille en tremblotant.
Et que la vieille frise Sous l’effort de mon choc Tourmentée, agonise Malgré son cœur de roc ;
Et que le lierre aussi pour son salut frissonne,
Sentant trembler le corps auquel il se cramponne.
Que l’horloge de fer Et que la girouette Tous deux, malgré leur air,
Tremblent dans leur chambrette ;
Et que le mortier tombe, en cet éternuement Pièce à pièce en poussière égrénaut son ciment.
Puis quand dans sa surprise L’écho qui n'en peut plus,
Dans les bras de la brise Frappé, s’éteint confus,
Dans l’océan des sons je bondis, je m’élance Et de nouveau sur l’air sans balancier je danse.
Avec mes cris joyeux Et mes chants de victoire,
•l 'atteins l’azur des cieux Et trône dans ma gloire :
C'est alors qu'à l'orage en dounapt du tintouin Moi j’appaise sa rage et le renvoie au loin.
Quelquefois j’effarouche Au plus fort de la nuit Le mortel sur sa coucho,
Lorsque le feu reluit,
Que la flamme s’élance, et que ma voix hardie Cric à tous, à chacun Incendie! Incendie!
Eveillée en sursaut La foule alors se lève,
Souvent un long sanglot Est la fin d’un beau rêve :