‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 165 sur 396 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

“ Parle ! parle ! Bardé de fer !

Hôte effrayant ! qui viens d'enfer Pour me narguer d'un rire amer,

Et causer mon angoisse !

Toi (iui laissas dans tou cercueil Les vieux langes d'un trop long deuil, Et qui n'es drapé que d’orgueil

Pourquoi me chercher noise ? ”

Alors de ses yeux caverneux Jaillirent des éclairs vitreux,

Comme du nord lorsque les cieux Scintillent en décembre ;

Et comme en hiver le torrent Mugit sous la neige en courant,

De son coeur un son déchirant S’exhala do la chambre :

“Je fus dans les temps d'autrefois Royal Pirate, et mes exploits Nombreux, n’ont éveillé la voix Du Scalde et du Poëtc ;

Je te commande dans tes vers De les narrer à l’univers,

Ou prospéreras à l’envers.

Sur ma foi de squelette !

“ Au loin dans le pays du nord Oh la Baltique ou gronde, ou dort.

De ma main j’ai sans nul effort Dressé l’oiseau de proie ;

Et sur le Sund h mi-gelé Avec mes patins j’ai tilé Oh des chiens le plus endiablé N’eut certes trouvé voie.

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