LE SQUELETTE BARDÉ DE FER
“ Souvent jusqu'à son antre noir L’Ours gris je l’ai traqué le soir, Quand le Lièvre de son manoir
S'enfuyait comme une ombre ; Souvent jusqu'au premier matin Je poursuivis à fond de train Le Loup-garou, démon humain, Parmi la forêt sombre.
“ Mais quand d’être enfant je cessai, Avec forbans, le fait est vrai,
La vaste mer je l’écumai
Sans pudenr ni vergogne ; Nous torturâmes bien des cœurs, Nous fîmes verser bien des pleurs,
Et naître aussi bien des douleurs, Rouge était la besogne !
“ De gaîté dans nos tourbillons Fîmes si crânes réveillons,
Qu'en entendant ces carillons
Les coqs chantaient matines ; Tandis que des immenses sceaux De chêne, coulait Yale à flots, Improvisant de longs ruisseaux Dans nos larges poitrines.
“ Comme une fois narrais joyeux De la mer faits aventureux,
Sur moi tombèrent de doux yeux
Ardents, encor que tendres ;
Et comme sur le pin rêveur L’étoile répand sa blancheur,
Leurs feux filtrèrent sur mon cœur Comme des salamandres.
“ Cette belle fille aux yeux bleus Moi, j 'en devins donc amoureux,
Et nous échangeâmes nos vœux Dans le bois solitaire ;
Son cœur ahuri palpitait Sous le drap qui le comprimait,
Comine l’oiseau resté seulet
Quand est au loin sa mère !