‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 166 sur 396 · LE SQUELETTE BARDÉ DE FER · texte numérisé non relu

LE SQUELETTE BARDÉ DE FER

“ Souvent jusqu'à son antre noir L’Ours gris je l’ai traqué le soir, Quand le Lièvre de son manoir

S'enfuyait comme une ombre ; Souvent jusqu'au premier matin Je poursuivis à fond de train Le Loup-garou, démon humain, Parmi la forêt sombre.

“ Mais quand d’être enfant je cessai, Avec forbans, le fait est vrai,

La vaste mer je l’écumai

Sans pudenr ni vergogne ; Nous torturâmes bien des cœurs, Nous fîmes verser bien des pleurs,

Et naître aussi bien des douleurs, Rouge était la besogne !

“ De gaîté dans nos tourbillons Fîmes si crânes réveillons,

Qu'en entendant ces carillons

Les coqs chantaient matines ; Tandis que des immenses sceaux De chêne, coulait Yale à flots, Improvisant de longs ruisseaux Dans nos larges poitrines.

“ Comme une fois narrais joyeux De la mer faits aventureux,

Sur moi tombèrent de doux yeux

Ardents, encor que tendres ;

Et comme sur le pin rêveur L’étoile répand sa blancheur,

Leurs feux filtrèrent sur mon cœur Comme des salamandres.

“ Cette belle fille aux yeux bleus Moi, j 'en devins donc amoureux,

Et nous échangeâmes nos vœux Dans le bois solitaire ;

Son cœur ahuri palpitait Sous le drap qui le comprimait,

Comine l’oiseau resté seulet

Quand est au loin sa mère !

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