‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 167 sur 396 · LE SQUELETTE UAIÎUÉ SE FEU · texte numérisé non relu

LE SQUELETTE UAIÎUÉ SE FEU

“ De son père dans le castel,

D’armes tout un matériel Brillait — tandis qu’un Ménestrel Du chef chantait la gloire ; Quand au vieux Ilildebrand un jour Je demandai ce bel amour,

Le Ménestrel s’arrêta pour

Entendre mon histoire.

“ Pendant qu’il buvait coup sur coup Et qu’il riait aussi beaucoup Dans sa barbe, comme un vieux loup, Ce guerrier, ce rude homme, Sur sa lèvre moi je surpris Le rire strident du mépris,

Qui plissait les flots de rubis Du profond vidrecome.

“ C’était l’enfant d’un Prince, quoi I Royal Pirate j'étais, . . . Moi,

Rien de plus ! . . malgré son émoi J e fus éconduit certe ;

A la colombe, m'est avis,

De voler s'il n’était permis,

Pourquoi diable ... de par Cypris !

Laisser sa cage ouverte?

“ Mon navire était â la mer,

Ma colombe avec moi, — c’est clair !

Ma colombe dont j’étais fier

Tant elle avait de grâce !

Quand jo viB le vieux Hildebrand De son vieux castel descendant Et de vingt-cinq coursiers s’aidant, Pour nous donner la chasse.

“ Il est en mer le Châtelain Il nous menace de la main,

Mais nous faisons à fond de train A la mer mainte entaille, Quand tout à coup un vent du nord Le Skaw, nous arrête, et nous mord, Si qu’en nous hélant de son bord,

Cet Hildebrand nous raille.

LE SQUELETTE BAKDÉ DE EEB.

“ ‘ A toi Chien la mort sans quartier ' Dit Uildebrand, ‘ dans un guêpier Te tient ce vent hospitalier,

Meurs Royal Gentillâtre ! ’ Mais, avec ma quille de fer,

Je fonds sur lui, puis en enfer Je l’envoie achever son air,

Au fond de l’eau noirâtre !

11 Tel que le Cormoran heureux D’avoir un butin précieux Recherche un antre rocailleux Pour y cacher sa proie,

Tel bravant le vent et l'éclair,

Je sus, Moi, vers la haute mer Emportant mon bien le plus cher,

Me frayer une voie.

“ Pendant trois semaines et plus Tînmes la mer, et mordicus !

Fûmes en état de blocus ;

Mais quand cessa l’orage,

Nous abordâmes ; — pouvez voir La tour que bâtis pour boudoir A ma Dame dans le mahoir Trônant sur ce rivage.

“ Là nous vécûmes bien des ans,

Le temps sécha ses pleurs cuisants,

Là nous eûmes plusieurs enfants, C'était une merveille 1 La mort ferma ses yeux un jour,

Si qu'elle gît sous cette tour.

Le soleil, le dis sans détour,

One n’a vu sa pareille !

“ Mon cœur lors devint languissant Ainsi qu’un marais croupissant, L'homme pour moi fut agaçant, Détestai la lumière ;

Dans la forêt, sombre toujours,

Vêtu de mes guerriers atours,

Il y a de ça bien des jours

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