‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 171 sur 396 · LE SABLE BU BÉ8EHT BANS UN SABLIER · texte numérisé non relu

LE SABLE BU BÉ8EHT BANS UN SABLIER

Et telle que U lune au-dessus de la mer Laisse tomber un pont suspendu de lumière,

Entre les ais duquel nos visions en l'air Montent en foule alors s’énivrer de mystère ;

Ainsi pour nous, ainsi du monde des Esprits Tombe un pont suspendu tout brillant de lumière,

Entre les ais duquel errent nos yeux ravis Abîmés dans le ciel, détachés de la terre !

Le Sable nu Désert bans un Sablier.

Un peu de sable rouge, — à peine plein la main, Apporté des déserts brûlants de l’Arabie Mis dans un sablier, du Temps devient soudain L’espion, — au profit de notre âme ébaubie.

Que de siècles l’ont vu tourner au moindre vent Dans le brûlant désert de la chaude Arabie,

Que d’étranges récits, d'étranges faits souvent . . . Si de nous les conter lui prenait la lubie 1

Sous le pied des chameaux peut-être il fut broyé Quand le fils de Jacob, il l'insçu de son père,

Fut par l'Ismaëlite, et sans nulle pitié,

En Egypte emmené sur la terre étrangère.

Peut-être les Hébreux traversant le désert L’ont foulé sous leurs pas quand les guidait Moïse; Ou que de Pharaon le char en fut couvert Quand en les poursuivant il soulevait la brise ;

Ou que Marie avec le Christ de Nazareth,

Avec ce fils objet d’une amour sans seconde,

Le fit voler ce sable, en faisant le trajet Qui devait protéger le doux Sauveur du monde.

Sous le beau parasol des palmiers d’Engaddi De la Mer Rouge un jour en traversant la plage, Psalmodiant son chant monotone, engourdi, L'Arménien peut-être en a fait un nuage ;

Ou bien de Rassora partant pour l’occident,

L’ont foulé de leurs pieds d’immenses caravanes,

Ou bien des Pèlerins dans leur désir ardent D’arriver û la Mecque à l’abri des profanes.

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