LES CHANTEURS
De cendres recouvrer le feu,
Eteignez la lumière,
La nuit, c’est la trêve de Dien,
Plus de travail sur terre.
Les fenêtres ferment leurs yeux,
Sous l’âtre dort la braise,
Le son s'éteint silencieux,
Le bruit sans bruit s'apaise.
Plus de son dans le corridor,
Plus de voix même sombres.
Le sommeil fait ses songes d'or,
C'est le règne des ombres.
Du jour oit le livre est complet Naît sa nuit sur la terre ;
L’écrivain de côté le met,
N’en fait plus son affaire.
Voyez se traîner dans l'oubli Ses vives étincelles,
Et puis comme un fait accompli Passer les pauvres belles.
Le chant s’endort silencieux,
Elle est dite l’histoire,
1*68 fenêtres ferment leurs yeux,
La cheminée est noire.
Solennellement, tristement
Tombent toujours plus sombres
Le sommeil, l’oubli lentement . . .
C’est le règne des ombres.
Les Chanteurs.
Un jour de ses chanteurs Dieu fit don à la terre, Octroyant à chacun ce puissant ministère D’évoquer par leurs chants un penser solennel Afin de ramener les hommes vers le ciel.
Le premier, jouvencel à l’âme tonte ardente,
La lyre d’or en mains, ainsi que fut le Dante, Errait dans les bosquets, les grèves, les ruisseaux, En musique disant noB rêves les plus beaux.