UNIE PLUIE D'ÉTÉ
Et d'amers souvenirs s'éveillaient en son coeur,
Quand d’une ruche humaine il voyait le labeur.
Comme un soleil blafard paraissait monotone,
Par dessus les forêts soufflaient les vents d’automne ;
Le cep déjà crispé d’où pendait le raisin Abandonnait l’érable autrefois son grappin,
Et ses jeunes provins se détachaient des branches ;
Sur le tronc de l'érable erraient des mousses blanches.
La fa u cil e à la main, et tout à son labeur,
Lentement se mouvait pourtant le moissonneur,
Tandis que le faucheur au bord de la prairie A la brume du soir chantait sa rêverie ;
Le clos retentissait de la voir du berger Et l'on dansait autour des arbres du verger.
Le chasseur détourna les yeux de cette scène,
Son wigwam était là jadis dans cette plaine;
Et puis sous la cognée au loin il entendit Tomber le chêne altier qui touchait au zénith,
Et contre l'homme blanc, et sa foi peu sincère Surgit un long penser de haine et de colère.
Quand de la lune au ciel s'argenta le croissant
On entendit des pas sur le sol frémissant
Oh le hêtre ombrageait le lac brumeux et sombre.
Et sur les alentours projetait sa grande ombre,
Et puis un lourd plongeon, un long cri de douleur,
Et plus on ne revit . . . plus jamais le chasseur.
A côté de ce lac, poursuivant sa carrière Long-temps, long-temps, long-temps passa le temps sévère, Si qu’un jour un pêcheur apperçut sans linceul Un squelette gisant dans l’abîme .... tout seul,
Et l’on voyait malgré la profondeur immense Que la main étreignait l’arc à l'accoutumance.
Une Pluie d’Eté.
Oh ! que la pluie est belle !
Dans la rue après la chaleur.
Quand elle éteint le vent rageur.
Qu’elle ruisselle en la ruelle,
Oh ! que la pluie est bulle !