‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 181 sur 396 · UNE PLUIE D’ÉTÉ · texte numérisé non relu

UNE PLUIE D’ÉTÉ

Elle clapotte sous les toits Ainsi qu'un coursier aux abois ;

Puis elle file vite et grouille Dans le gosier de la gargouille Glouglou, glouglou, glouglou, glouglou, Ainsi courant le guilledou Mouillant tout, et vaille que vaille Et la croisée, et la muraille,

Coulant, coulant, coulant, coulant Avec un rire ruisselant,

Et débordant toute fangeuse En une rivière houleuse,

De la rigole en plein ruisseau,

Faisant un torrent tout nouveau,

Et dansant sur le parapluie . . .

La belle, la charmante pluie t

Le malade il ce doux bruit d'eau Qui tombe, va voir le ruisseau,

Oh ! que pour lui douce est l’aubaine ! Il savoure la douce haleine De la terre qui monte aux cieux,

Et son cerveau n'est plus fiévreux,

La raison lui revient nouvelle :

“ Oh I " dit-il, “ que la pluie est belle ! "

De l’école sortent joyeux Les gamins plus tumultueux Et plus bruyants qu’à l'ordinaire ;

Sur le flot convulsionnaire Ils ont mis leurs flottes— joujou Qui vont s’engloutir dans le trou De l’égoût ... où va toute chose,

La paille et la feuille de rose.

A la campagne où l'horizon Est chaud jusqu’à la pâmoison.

Où sous la brise torturée La plaine s'étend diaprée,

L'herbe desséchée et le grain Pour la pluie ont un chant divin.

Là dans la terre sillonnée Où la charrue est retournée,

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