LOVER (SAMUEL
La Veillée des Anges.
Dans son berceau l'enfant dormait,
La mère à son chevet veillait,
Car son homme, un pêcheur, sur la mer en furie Lit bas ! lit bas ! là bas était,
Et le vent grossissant hurlait.
Elle disait : “ Dermot ! reviens à moi, t’en prie ! ”
Elle égrenait son chapelet En veillant l’enfant qui dormait,
Quand en s’agenouillant elle le vit Bourire :
“ Oh béni soit ce bon avis I Du ciel il me vient des parvis Des Anges près de toi te chuchotent leur dire 1
“ Tandis qu’ils veillent près de toi Dis-leur cher enfant, mon émoi,
Fais-leur voir le chagrin, les tourments de ta mère, Et puis dis-leur: ‘J’aimerais mieux Qu'au lieu de veiller en ces lieux Vous veillassiez là bas sur les jours de mon père 1’"
L’aube du jour qui vint bientôt,
A sa hutte amena Dermot,
Et les yeux pleins de joie en le voyant paraître,
Sa femme en pressant sur son sein L'enfant, — dit : “Oh ! je savais bien Que les Anges causaient avec ce petit être!’’