‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 186 sur 396 · LOVER (SAMUEL · texte numérisé non relu

LOVER (SAMUEL

La Veillée des Anges.

Dans son berceau l'enfant dormait,

La mère à son chevet veillait,

Car son homme, un pêcheur, sur la mer en furie Lit bas ! lit bas ! là bas était,

Et le vent grossissant hurlait.

Elle disait : “ Dermot ! reviens à moi, t’en prie ! ”

Elle égrenait son chapelet En veillant l’enfant qui dormait,

Quand en s’agenouillant elle le vit Bourire :

“ Oh béni soit ce bon avis I Du ciel il me vient des parvis Des Anges près de toi te chuchotent leur dire 1

“ Tandis qu’ils veillent près de toi Dis-leur cher enfant, mon émoi,

Fais-leur voir le chagrin, les tourments de ta mère, Et puis dis-leur: ‘J’aimerais mieux Qu'au lieu de veiller en ces lieux Vous veillassiez là bas sur les jours de mon père 1’"

L’aube du jour qui vint bientôt,

A sa hutte amena Dermot,

Et les yeux pleins de joie en le voyant paraître,

Sa femme en pressant sur son sein L'enfant, — dit : “Oh ! je savais bien Que les Anges causaient avec ce petit être!’’

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