‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 187 sur 396 · EPARGNE MA FLEUR · texte numérisé non relu

EPARGNE MA FLEUR

LTTE (H. F.)

Epargne ma Fleur.

Epargne, cher enfant, ma fleur, ma douce fleur, D’un jour fragile créature !

Qu'elle puisse fleurir, pavaner sa fraîcheur Avant sa sépulture.

Trop tôt ses charmes si légers Dépériront tant ils sont passagers,

Ne hâte pas sa destinée Si semblable à notre âme ignée !

I.a brise pleurerait demain cherchant en vain Sans la retrouver, son aimée ;

L’abeille ne pourrait y prendre son butin,

Comme â l’accoutumée ; Epargne-la, mon cher enfant.

Et que du ciel son regard triomphant Puisse de son humble parterre S’élever jusqu’à la lumière.

Epargne, cher enfant, ma fleur, ma douce fleur,

Oh ! tu ne sais pas d’aventure,

Quel mal, sans le vouloir, tu peux faire à son coeur, Quelle affreuse blessure !

Ne va pas flétrir ses attraits,

Car Salomon ne fut vêtu jamais Malgré son royal apanage,

Ainsi que cette fleur sauvage.

Epargne donc ma fleur, cet humble monument De l'universelle puissance ;

Et laisse son parfum porter au flrmaraent

Son admirable essence ;

Celui qui ne fit rien en vain Fit cette fleur, — c’est l’oeuvre de sa main. Laisse-la donc au jour paraître,

De sa trie il est senl le maître !

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