EPARGNE MA FLEUR
LTTE (H. F.)
Epargne ma Fleur.
Epargne, cher enfant, ma fleur, ma douce fleur, D’un jour fragile créature !
Qu'elle puisse fleurir, pavaner sa fraîcheur Avant sa sépulture.
Trop tôt ses charmes si légers Dépériront tant ils sont passagers,
Ne hâte pas sa destinée Si semblable à notre âme ignée !
I.a brise pleurerait demain cherchant en vain Sans la retrouver, son aimée ;
L’abeille ne pourrait y prendre son butin,
Comme â l’accoutumée ; Epargne-la, mon cher enfant.
Et que du ciel son regard triomphant Puisse de son humble parterre S’élever jusqu’à la lumière.
Epargne, cher enfant, ma fleur, ma douce fleur,
Oh ! tu ne sais pas d’aventure,
Quel mal, sans le vouloir, tu peux faire à son coeur, Quelle affreuse blessure !
Ne va pas flétrir ses attraits,
Car Salomon ne fut vêtu jamais Malgré son royal apanage,
Ainsi que cette fleur sauvage.
Epargne donc ma fleur, cet humble monument De l'universelle puissance ;
Et laisse son parfum porter au flrmaraent
Son admirable essence ;
Celui qui ne fit rien en vain Fit cette fleur, — c’est l’oeuvre de sa main. Laisse-la donc au jour paraître,
De sa trie il est senl le maître !