LE LIT DE MORT DE OBAC1 DABLINO
Et la mer en fureur, et les vents et la dune,
Qu’a peine laissait voir la maladive lune ;
Et le doux sentiment du devoir accompli Lui paya son labeur par l’éloge affaibli 1
Trop tendu son esprit et s’affaisse et se penche,
Oh ! vers son lieu natal portez cette pervenche !
Parmi le faux éclat de ce monde nouveau,
Ne la voyez-vous pas s'incliner au tombeau ?
Ne la voyez-vous pas qui languit et soupire Pour son foyer lointain, plus que ne saurais dire,
En cherche de repos, du tranquille bonheur Que l'on goûte au milieu des aimés de son coeur 1 Sa vie est, parmi vous une fade élégie,
De respirer son air elle a la nostalgie,
Laissez-lui donc enfin à nouveau conquérir Le bien modeste toit où vit son souvenir.
fille est dans son foyer ceinturé de rivage,
Et peut sourire encore à l’aspect de la plage,
Mais son sourire est terne et n'a plus ces émois Et ces rayonnements qu'il avait autrefois.
Sur son front échauffé souffle encore la bise,
Et la vague murmure et parfois agonise,
Mais tous ces bruits n'ont plus doux échos dans son cœur, Ses pensera indécis ont perdu leur valeur ;
Prête à monter au ciel, en frissonnant son &me Et s’émeut et s’agite, et vacille sa flamme ;
C’est qu’elle a peu besoin des choses d'ici bas,
Partant pour ce pays dont on ne revient pas 1
“Un long cri de douleur je l'entends Père, encore I Notre barque à la mer! oh I père je t’implore !”
— “ Non ! mon bien cher enfant, il n’existe aucuns cris, Tu te trompes, enfant, c’est la voix du courlis!"
Pauvre être haletant que tourmente la fièvre 11 s’enfuiera bientôt le souffle de ta lèvre,
Tu passes maintenant sous des vents furieux,
Les vagues de la mer, pour aller droit aux cieux :
Puisse Celui là haut, témoin de ton courage,
Quand tu vainquis la mort le grand soir du naufrage,
Se tenir aujourd'hui près de ton lit de mort,
Te sauver à ton tour, et te conduire au port I