‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 191 sur 396 · LYTTON (SIR EDWARD BULWER, BART · texte numérisé non relu

LYTTON (SIR EDWARD BULWER, BART

Tout est-il Vanité?

Sur la vie et ses fins mon esprit tout en doute,

S’arrêta sous le poids de nébuleux soucis ;

Et le cri de tnon trouble alla briser la voûte Que sur le ciel forme l'air indécis.

Foin de ce dur labeur resté sans récompense,

Do ce sentier montant au séjour des frimas ;

Oh! que ne puis -je avoir un avant -goût par chance.

De cet F.den entrevu tout là bas 1

Oh 1 pour quel faux clinquant comme des alchimistes Gaspillons-nous la vie, et sa joie et son or,

Et pour en recueillir? . . fruits et choses bien tristes: Inanité, cendres et similor !

Si jeunesse savait qu’aussi petit espace Un jour tous ces espoirs qui défient l’avenir,

Tiendront dans le tombeau de ce monde qui passe,

Que des vieux temps le pâle souvenir I . .

Voyez, si vous jetez un regard en arrière,

L’Idéal, il folâtre en un rêve sommeil ;

Mais le Réel se lève ... A son regard sévère Fuit l’Idéal comme Fée au soleil.

La Science debout près de mers sans rivages,

L’Amour devenu saint par son dévouement pur,

Et les Sensations qui, comme verts feuillages

Au mois de Mai tremblotent sous l’azur.

Et cette Ambition née au cœur du poète.

Et qui jusqu’au Sublime emporte notre esprit,

Alors qu’à nos regards se détache en vedette

Au pic du Temps la Gloire en son zénith ?

Sont-ils donc plus heureux, ou sont-ils donc plus sages, Ceux-là qui de la vie ignorant l'élément,

Se traînent d’heure en heure à travers ses ombrages Sur cc chemin nommé : Contentement ?

Qui ne frètent jamais pour l’espoir un navire,

Qui ne guettent jamais le mot du lendemain,

Page 1