LES PÈLERINS
Les Pèlerins.
" Love took np th» glus of Time end tnmed lt Lu hit glowing bmnda, Ererj moment ligbüy aheken r*s itealfin golden tend».”— Trnnymi
Votez, voyez là bas cette fraîche chaumière Qu’environnent des champs de foin fauchés hier,
Dont la porte non close et toute hospitalière Invite à séjourner la brise et le bon air :
Sur son champêtre toit fleurit la giroflée,
A la peau rude et brune, à la suave odeur,
Et le porche est orné de la plante étoilée Qui trône sur les murs, et du pois de senteur.
Près de là s'étalant est la blauche aubépine Qui de ses doux parfums répand le baume au loin ;
Et des vaches à lait à la robe d'ermine
Qui paissent doucement et l’herbe et le sainfoin ;
Du plantureux aubours la riche chevelure Surplombe hardiment le lilas purpurin,
Tandis que se hâtant avec gentil murmure,
A sa ruche l'abeille arrive à fond de train.
Avec pensera charmants, rêves plus doux encore,
Sous le modeste toit de cet humble séjour,
Vit ce frais sentiment à peine à son aurore Que l'on nomme ici bas clair de lune d'amour.
Que sert dire d’Owen les soupirs de tendresse,
Ou bien comment Norah ressentit ne sut quoi? —
Suffit que tous les deux dans une sainte ivresse Et côte à côte assis vivent du même émoi,
Et que comme enchaînés par une même chaîne,
Leurs coeurs heureux captifs, battent à l’unisson.
Deux Pèlerins venant d’au-delà de la plaine Arrivent vivement sans qu’ils en aient soupçon.
L’un, un petit garçon à blonde chevelure.
Qui sur son cou retombe, a le souris joyeux,
L’autre est un Pèlerin à sévère tigure,
A la barbe de neige, ... et blancs sont ses cheveux.
Le beau petit garçon tout le long de la route Folâtre, et va chantant maint gentil lai d’amour,
Son grave compagnon autaut que lui, nul doute, Marche, — mais ne dit mot ni la nuit ni le jour.
LES PÉLEKIKa.
Où le pied du vieillard eu voyageant ee pose,
Le gazon se flétrit, — c'eat l'ordre du destin I Mais où le jouvencel met le pied, c'eat la rose Qui suave surgit parfumant le chemin.
Ainsi le jouvencel en précédant le sage,
Sur le sol diapré forme des pas charmants,
11 porte avec orgueil pour joujou de voyage Sablier de cristal. Sables de diamants Sont de ce sablier la poudre magnifique ;
C’est à faire plaisir de voir le jouvencel Secouer le cristal de façon frénétique Pour plus vite égréner le sable, c’est réel.
Du ruisseau maintenant ils ont traversé l’onde,
Un filet d’eau d’argent tout blanc et tout menu ;
De la chaumine ils sont bientôt devant le monde,
Et le petit garçon de Bon air ingénu :
“ Tous et chacun," dit-il, 11 le bon Dieu vous bénisse 1 ’ Avec grande douceur : “ Dieu te bénisse aussi ! " Repart soudain Norah, “jeune et gentil novice I Assieds-toi, mon enfant, et mange et bois ici 1 "
“ Merci, douce Norah, aussi belle que bonne,
Un tantinet chez toi nous prendrons du repos;
Mais bien que ce vieillard mange autant que personne, Il n’y a rien ici pour ses esprits vitaux.
Entre nous, ce vieillard a des goûts fort étranges,
Il dîne toujours seul, sous quelqu'orceau bien noir D'église ou de castel, Dieu sait de quels mélanges D’ingrédients, . . . pour moi, je me nourris d'espoir 1
“ Tiens ! il y a huit jours— avant ton mariage —
C'était le soir du jour bref qui le précéda, —
Je me suis tant gavé de frais et doux breuvage En passant près le seuil de ta mère, oui dà 1 Que depuis lors, vraiment, n'ai pris de nourriture,
N’en ayant pas besoin ; mais tiens, c'était de fait Quand ton Owen te vit sous ce toit de verdure,
Et qu'il te présenta son suave bouquet.”
Norah se colora d’un incarnat pudique,
Owen eut un sourire et calme et radieux,
Un éclair de bonheur inonda le portique Comme un reflet de lune y glisserait des cieux ;