‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 196 sur 396 · LA HEINE DE LA NEIGE · texte numérisé non relu

LA HEINE DE LA NEIGE

Et les perles de sa litière Qu’elle laisse tomber sur terre Rossèlcnt l'oreiller où dort la nuit entière La Reine de la Neige au sein de blancs duvets Tantôt elle monte à la hune Du navire, sans crainte aucune ; lorsque le mousse en bas s'endort dans son hamac Sous le poids de sa nostalgie,

A sa place elle fait vigie,

Jusqu’à ce que Phoebus force en son énergie I jj Reine de la Neige à quitter le tillac.

Ou bien d’une blanche auréole Elle couronne la coupole Comme le front des saints d’un cercle radieux ;

Pour enseigner par cet exemple Que dans Punivcrs chaque temple Révèle au cœur aimant ce Dieu qui nous contemple ! l.a Reine de la Neige ainsi parle à nos yeux.

Tantôt sur la lourde charrette Au son d’une pauvre clochette Elle voyage ; ou bien file en chemin de fer Aussi vite que le tonnerre ;

Tantôt aussi, blanche poussière Elle s’arrôte à l'arbre, y pend la crémaillère,

La Reine de la Neige enfant du froid hiver.

Tantôt d'un tout petit l'haleine Semble tuer la blanche Reine,

Quand en rosée humide elle se fond, hélas 1

Mais se redressant belliqueuse Contre troupe victorieuse Elle lutte, et la force à se cacher honteuse,

I>a Reine de la Neige, en semant les trépas.

Parfois, sans la moindre ntdesse Sur le bosquet avec prestesse Elle descend cacher la prunette et le houx ;

Mais quel malheur 1 quelle misère 1 Quand plus vito que le tonnerre Avalanche en sa forme, elle éteint la chaumière La Reine de la Neige en sou soudain courroux.

Flottant sur la plaine, — légère.

Ou tout le long de la rivière,

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