LE BRANLE DES RUIBSEAUX
Mais parfois folâtre en 8a joie,
Des enfants devenant la proie,
Elle, en gelant leurs doigts, les incite an» combats ;
Et pour les besoins de la cause,
En boulets se métamorphose, Cependant qu’elle rit des dégâts qu’elle cause La Heine de la Neige en ces joyeux ébats.
Ou bien dans sa bonté divine Elle échauffe sur sa poitrine L’embryon du bouton qui va naître au printemps ;
Et lui fait un si doux asile Que, lorsqu’au jour il se faufile,
Elle devient marraine ; et finit en idylle La Kcine de la Neige aux soins compatissants.
Ah 1 plût au ciel qu’en ce bas monde Toute aussi pure, aussi féconde Puissions trouver une fime en nos temps hiverneux ;
Pour que, lorsque notre poussière S’éveillera, pure lumière,
Nous puissions égaler en sa splendeur première La Reine de la Neige, enfant tombé des cieux !
Le Branle des Ruisseaux.
Vers l’océan là bas Murmurant des hélas!
Précipitant leurs pas Voyez couler les fleuves — Dans le beau temps doré, Tous d’un air assuré,
D’un rire immodéré Fredonnant chansons neuves.
Voyez- les en avant Jeter leur flot mouvant, Leurs longs cheveux au vent Comme une jouvencelle; Ecoutez leur babil,
Leur partage gentil,
Leur combat puéril Avec la mer rebelle.
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