LE BRANLE DES RUISSEAUX
Voyez ! le vent les suit,
La vague les séduit,
Le lac do son réduit Les lorgne avec envie ;
Eux, activant leur cours,
Avec fracas toujours Roulent fringants leurs jours . . .
Frétiller est leur vie !
Souhaitant d’arriver En hâte vers la mer Pour, à son flot amer,
Mêlant leur onde pure,
Y noyer les regrets De ces jolis bosquets Tout remplis de muguets Qu'ils voyaient d'aventure.
Contents, de par leur choc, D’avoir fendu le roc Pour eux de plomb un bloc Leur barrant le passage,
Et d’avoir d’un seul bond Crânement furibond Brisé, broyé le gond Les tenant en servage.
Ces rapides ruisseaux Glissent, glissent leurs eaux Et par monts et par vaux Dans leur marche joyeuse ; Bouchant les recoins verts,
Et charmant les déserts Par les gentils concerts De leur voix gracieuse.
Tantôt cuurant gaiement, S’arrêtant brusquement,
Ou bien plus vivement S’élançant en cascades ;
Ou parmi les roseaux Cachant leurs oripeaux,
Leurs bijoux, leurs joyaux Ainsi que des naïades.