‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 203 sur 396 · COMPAGNES DE DA VIE · texte numérisé non relu

COMPAGNES DE DA VIE

Tant j’ai su conquérir pour les heures d’ennui Au ciel et sur la terre, en tous lieux — un appui.

Contre les coups du sort je suis invulnérable,

La Nature est pour moi plaisir inaltérable !

Plus je vis, plus je l’aime, et son admirateur,

J’adore en m’inclinant, l’œuvre du Créateur !

O Fleurs brillez pour moi sur les vertes collines,

Cieux étalez pour moi vos splendeurs purpurines, Profondeurs de l’abîme, oh ! pour moi racontez Vos mystères sans nom,— et vous Oiseaux, chantez !

Pour moi faites entendre, 3 Vents, vos doux murmures, Secouez, 3 Forêts, pour moi vos chevelures,

Et toi Terre, pour moi sois éternel bonheur . . .

Vous êtes tous à moi dans la paix du Seigneur!

Leb Compagnes de la Vie Quand sur un frêle esquif sans crainte du naufrage,

De mou toit délaissant le seuil,

De la vie à mon tour, j’entrepris le voyage C’était sur une mer oh gisait maint écueil.

Mais pour égayer mes campagnes Pendant la nuit, pendant le jour,

Sur mon esquif j’embarquai trois compagnes En guise de dames d’atour.

L’une était “ La Santé,” robuste camarade

Au frais visage, aux membres vigoureux,

Et bien qu’à mes repas, je ne busse rasade

Qu’avec de l’eau, j’étais heureux I C’est que, pour guider notre barque,

Et pour rire au nez de la parque,

Malgré les vents, non . . . rien de mieux Que mon trio, quand on s’embarque.

L’autre portait pour nom, ce doux nom : “ Paix de l’Ame."

Quand l'orage grondait aux cieux.

Elle laissait sur moi tomber comme un dictante Alors que je veillais, l’azur de ses beaux yeux.

Et quand se ruait la tempête,

Pendant que je dormais la nuit,

D’un songe heureux elle occupait ma tête Et me berçait de tout ce bruit.

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