‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 204 sur 396 · RÊVERIES AU MILIEU DES MONTAGNES · texte numérisé non relu

RÊVERIES AU MILIEU DES MONTAGNES

La moins jeune des trois avait nom “ l’Espérance," Toujonrs présente en mes jours nébuleux, Elle me rappelait des jours de mon enfance Les souvenirs, les ris, les jeux.

Et bien que, dans ce long voyage.

Rang, fortune et leur entourage Fussent absents, mon cœur heureux Point n'enviait leur voisinage !

Hélas 1 c'est un malheur, mais poursuivi sans cesse Par le hideux démon de l’or,

A la soif d’entasser j’ai perdu ma jeunesse, l>a chaleur de mon sang, mes bons yeux, plus encor “ La Santé ” ma verte compagne.

Après le renom pour courir Et me hisser à son mat de cocagne,

J'ai dû laisser, sans l’avertir,

Aux ronces du chemin ma douce “ Paix de l’Ame,” Et plus ne vois ce sourire enchanteur (lui réchauffait mon cœur en ravivant sa flamme.

Ah ! j’aurais perdu le bonheur Sans toi, source de conflance,

Sans toi ma bien chère “ Espérance : " Reste mon ange protecteur Je me rattache à l’existence !

Rêveries au milieu des Montagnes.

Tantôt errant et par monts et par vaux, Tantôt assis seul au bord des ruisseaux,

Et méditant sur l'humaine misère,

Sur le bonheur, si rare sur la terre,

Sombres pensera, rêves aventureux Non évoqués, posent devant mes yeux ;

Ce sont souvent de nébuleux mensonges, Souvent aussi ce sont de divins songes,

Divins produits de l’âme, en son sommeil Qui voit au loin, — mais ne peut au réveil Se retracer le séduisant mirage Qui sur les sens réflétait son image.

Je me complais quand ce far niente Me vient au coeur, â m'asseoir en été,

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