MANT (W. B.) [ARCHDEACON OF DEVON
Epines et Chardons.
Après des mois de fatiguant loisir Je cherchai du travail à renouer la chaîne,
A mon foyer ; j’eus sujets de plaisir Souvent, — parfois aussi j’eus des sujets de peine.
Me dirigeai d'abord vers mon jardin,
Lieu plein de souvenirs de douce quiétude,
Plaisirs passés m'offrirent leur écrin Parsemé de joyaux, aussi d'inquiétude.
L'adroite main d’un vil spoliateur Ne l'avait dépouillé de sa beauté mondaine,
Mais n’ayant plus du tout de protecteur La négligence avait envahi le domaine.
Car le terrain qui nous donne la fleur Engendre également l’herbe folle et l'épine,
Et tout berceau, tout bosquet enchanteur A besoin d’une main qui toujours l’examine.
Or maintenant était passé l’hiver,
Le printemps reprenait ses droits sur la nature,
Et le jardin laissé longtemps au ver Réclamait de nouveau les soins de la culture.
Où s’élançaient les arbres les plus beaux,
Là poussait un fouillis des plus vilaines choses,
L’épine allait déroulant ses anneaux Où fleurissaient toujours les plus splendides roses ;
Le myrte aussi périssait lentement,
Sous les dards du soleil il abaissait la tête,