MILTON (JOHN
Chanson.
(dnuu.)
Charmante nymphe, Echo, toi qui vis invisible Dans ta coquille d’air,
Près du visage vert du Méandre paisible,
Dans ce beau vallon dont l’éther Est parfumé de violettes,
Où Philomèle pleure et gémit ses bluettes ;
Ne peux-tu pas me dire où se trouve ù présent Un gentil couple, eu tout semblable à ton Narcisse?
Si dans quelque recoin plaisant Ou bien dans quelque grotte, ou dans quelqu’ interstice, Tu le cachas, dis-le moi subito
Gentille Echo!
O Fille de la Sphère, et Reine du Parlage 1 . . .
Et puisses-tu sur l’aile du nuage
Portée aux cieux,
Nous narrer leurs splendeurs en sons harmonieux.
l’aIGLE-BOI.
MOGR1DGE (E. C.)
L’Aigle- Roi.
Il est une hauteur qui surgit menaçante Où nul mortel jamais ne fut porter son front,
D’une grâce sans nom, et sublime et géante,
De son pic surplombant un abîme profond.
Sur ce pic glacial usé par la tempête,
Viennent se déchaîner les fougueux ouragans, Pourtant l’Aigle guerrier au plus haut de son faîte, Ose porter sa tente en dépit des autans.
On n’apperçut jamais sur ces versants sauvages Gazelles ou chamois faire leurs bonds joyeux, L’Aigle seul peut trôner par delà les nuages,
Et loger sans vertige à la porte des deux.
Oiseau guerrier, vainqueur de la tempête Qui braves l’ouragan et les vents en courroux, Du pic altier où tu portes ta tête,
Où ton regard rien ne l’arrête,
Qu’as-tu vu ? Dis-le nous !
Fus-tu, dis-nous, où la neige étemelle Au rude pic des monts a ses vastes dépôts ? As-tu guetté du haut de ta tourelle Ou le chamois, ou la gazelle
Ou les gentils agneaux ?
N'as-tu pas vu, dis-nous, Oiseau Sublime I De ton liaut belvéder nos vallons, nos halliers,
Et de nos monts la nuageuse cime Qui domine le vaste abîme
De ses regards altiers I
Oiseau Royal ! dis-nous, de ton repaire Par-dessus terre et mer les cités que tu vois;
Et les torrents qui se donnant carrière Vont de leur voix populacière Troubler l’écho des bois
Dis, as-tu vu, la trace lumineuse Du météore ardent à l’heure de minuit,