AMITIÉ
T'émerveillant de 8a splendeur coureuse, Dans sa fuite capricieuse
Quand tu veillais la nuit.
Combien de fois la vaste solitude Lorsque fier tu planais non loin de l’arc-en-ciel, A retenti de ton cri rauque et rude Oiseau dont l’œil a l'aptitude
D'embrasser terre et ciel.
Le soleil, dis ! jamais obscurcit-il ta vue,
Quand embrasse ton œil les cltamps de l’Infini? Aimes-tu, dis-nous le, l’éclair qui fend la nue;
Et te retrempes-tu dans le rayon jauni ?
Le monde n’est pour toi rien qu’un point dans l’espace, Aigle Roi I qui connais les secrets de l’éther ;
Sur la terre et la mer tu voiB ce qui se passe, Impassible ... du pic de ton haut belvéder.
Il est une hauteur qui surgit menaçante Oît nul mortel jamais ne fut porter son front ;
L’Oiseau Royal est là dans sa force imposante Trônant majestueux Bur l’abîme profond.
Amitié.
Si l’on en croit les sots propos du monde De notre humanité les plus beaux sentiments Ont la mobilité de l’onde,
Changent souvent de cours, et durent peu d'instants.
La vérité I . . mais c’est une donzelle Sujette à caution, et blaguant chaque jour ;
L’amitié, c’est l’amour, l'amour hormis son aile . . .
Un vain son creux, tel est l’amour !
Ce n’est mon lot d’aligner dans des rimes Le parcours fatiguant de ces sottes clameurs,
Non plus d’improviser en crimes Les torts qu’au genre humain imputent ces censeurs ;
Me plaît bien mieux du cœur la voix fidèle, Qui me dit : “ Rarement est aveugle l’Amour, L’amitié de l'amour c’est la vive étincelle,
De l’existence, c’est le jour!”