‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 237 sur 396 · I MMOBT A LIT F. DE LA BEAUTÉ · texte numérisé non relu

I MMOBT A LIT F. DE LA BEAUTÉ

Dans un esprit délicat et sensible L'amour et l’amitié peuvent fleurir tous deux,

Où le lointain devient visible,

Où la mer, le désert n’arrêtent point nos vœux ;

Où nous voyons des yeux de la pensée De nos amis là bas un vivant mémento,

Un tel amour, est-il, dites, chose insensée ?

Une telle Amitié . . . zéro? . .

Un ami vrai qui lorsque la tempête S'acharne contre nous, détruit notre avenir,

A l’ouragan pour nous fait tête,

Et de son bras toujours prêt à nous secourir

Nous fait ainsi sortir, de par son zèle,

De l'orage vainqueur, nous fait revoir le jour,

A-t-il une Amitié ne battant que d’une aile,

Et n’est-il pas chaud son Amour ?

Lorsque sans frein, la chose n’est pas rare, L’amour mal gouverné hurle contre les deux,

Pour se briser ainsi qu’Icare,

Et broyé, retomber de l’enfer jusqu’au creux,

Compatissons à sa peine cruelle !

Puisse Amour désormais à la ville à la cour Vouloir dire Amitié de plus en plus fidèle,

Amitié vouloir dire Amour!

Malgré le temps, l’espace et la distance,

A toi mon cher ami je m’agrippe rêveur,

Tes talents et ta bienveillance Ont rivé ta mémoire aux fibres de mon cœur ;

De ton esprit les vives étincelles De sublimes clartés illuminent mon jour,

Ton amitié . . . maie c’est l’Amour aux larges ailes . . .

Ton Amour !.. le fidèle Amour ! . .

MONCRIEFF (W. T.)*

Immortalité de la Beauté.

Le monde doit-il donc perdre un jour ta lumière ? Toi dont les yeux deux fois nous font voir le soleil, Dont les douces vertus sous ton humble paupière Brillent, 3 mon amour, d’un éclat sans pareil ?

2HÜ

X MKMOKIAM.

Oh ! non, ma foi repousse une telle pensée Que toi tu sois soumise à nos communes lois,

Qu’il sc puisse qu’un jour ton âme trépassée S’efface et disparaisse, — au-dessous d’une croix.

Non, mon amour, oh ! non ! — Lorsque de notre sphère Nous t'avons vu toujours le bijou le plus beau,

Par delà le trépas, tu seras encor, chère,

Ce diamant si pur et d’une si belle eau.

Tes yeux vifs reluiront brillantes étincelles Comme par le passé répandant leur éclat,

Et de ton sein charmant les deux blanches jumelles Auront des plus beaux lis le satin délicat.

De tes lèvres naîtront les plus suaves roses,

Et de ta douce haleine un parfum précieux,

Il naîtra de ton teint des fleurs à peine écloses,

Et de l'or, de l’or pur de tous tes blonds cheveux :

A mes yeux l’avenir se montre ici sans voile,

Tes membres deviendront ivoire sans égal,

Ton âme au ciel ira délicieuse étoile,

Perles seront tes dents, et ton cœur du cristal.

In Memoriam.

O doux présent 1 Le ciel la prêtait à la terre !

D’un bel ange elle avait le divin caractère.

Cette heureuse douceur qui n’appartient qu'aux cieux, Et ce gentil minois qui charme tous les yeux :

Foulant tous les seutiers que parcourt le génie Elle avait la vertu, la candeur infinie !

•Toignait-ellc à ces dons autre chose de plus ?

Oui, ce don que le ciel accorde à ses élus,

Le don de la souffrance, oui ce don qui décime En imprimant la grâce au front de la victime,

Qui vous sèvre à jamais de tous plaisirs mondains,

Qui vous fait vous traîner au milieu des humains Doucement, résignée, et qui plus est saus plainte, Angélique martyre avant d’être une sainte !

Comme un lis qui se penche à peine en son printemps, Comme un être ici bas passager pour un temps, Comme une belle étoile éclipsée à l’aurore,

Un songe qu’embellit le souvenir encore,

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