LES VIEILLES CLOCHES DE L’ÉGLISE
Vois enfin Dieu partout, en toutes choses, Dans la nature entière, en Bes métamorphoses,
Dans le tonnerre, ou bien dans le si doux bémol Qu’exhale le souffle des roses.
Les Vieilles Cloches de l’Eglise.
V ieilles cloches du haut de l’antique tourelle,
Sonnez joyeusement,
D'un ton strident, allègrement :
Avec espérance nouvelle,
Et de la crainte et de la joie au coeur,
Quelquefois même avec un pleur,
Toute pensive, en quittant sa chambrette,
S'en vient la mariée en sa blanche toilette :
Et qui la voit ainsi dans ce simple appareil Dit : “ Le bonheur est U sur qui luit le soleil !”
Vieilles cloches du haut du vieux clocher grisâtre, Tristes tintez hélas !
Lugubrement le sombre glas.
Un de nous a quitté son être,
Et gravement les prêtres sur son corps Murmurent l’office des morts.
Quand du portail sort lentement la bière La pluie à torrents fond sur le drap mortuaire,
Lors disent consolés les bonnes gens du lieu :
“ Heureux les morts sur qui tombe l’eau du bon Dieu !”
Vieilles cloches tintez, c’est l’heure de matines,
Et puis carillonnez Vêpres, puis le salut. Sonnez,
Roulez vos vagues argentines Sur les tombeaux gisant en bas nombreux,
Ou portez vos hymnes aux cieux.
Du pic de l’air oh s’assied votre trône,
De vos langues de fer bien sévère est le prône,
De vos sons saluant l’homme dès son berceau,
Du bouton à la fleur, — de la vie au tombeau.
Vieilles cloches sonnez, faites chaque dimanche Vos carillons exquis,
Comme vous le fîtes jadis,
Et d’une manière aussi franche.