‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 247 sur 396 · LA MOL’CUR EH08FH0RIQÜE · texte numérisé non relu

LA MOL’CUR EH08FH0RIQÜE

Ou quelque noble orgueil aujourd’hui sans renom, Mais qui d'espoirs éteints nous disent la chimère !

Oh triste harpe, oh ! chante-moi Dolentement un chant conaolatoire Qui puisse en nous éveiller doux émoi,

Car tous deux sommes morts hormis par la mémoire.

Que l'air de minuit tristement Fasse vibrer tes cordes de ses plaintes,

Comme l'écho d'un long gémissement De solennelles voix, depuis longtemps éteintes ;

De généraux maintenant oubliés Qui semblaient être alors chefs de la renommée,

De bardes immortels qui voyaient à leurs pieds Le inonde, — et qui sans nom gisent, — race pygmée !

Oh 1 triste harpe vainement L’air de minuit les fait vibrer tes cordes,

Mort est l'écho de ces voix maintenant Dont le son éteignait autrefois nos discordes.

, Oh I si tu pouvais du manoir Autour de toi rassembler les reliques,

Dames et Preux avides chaque soir D'entendre en ces bosquets tes accents prophétiques !

Mais hélas I non ; s’ils sortaient du sommeil Tous ces grands morts auraient h pleurer l'esclavage D'enfants dégénérés ; à quoi bon leur réveil I Libres ils sont du moins dans leur lier sarcophage 1

Triste harpe I oli ! ne fois frémir En sons dolents ces glas lourds et funèbres Des libertés, — ou laisse-moi mourir En écoutant ce chant imprégné de ténèbres I

La Mouche Phosphoriçue.

Quand le matin et la terre et les cieux, Dans un jour de printemps brillent de mille feux, Nous ne pouvons te voir, inédit météore,

Et nous ne pensons pas à ton aile au phosphore ;

Mais quand le soir et la terre et les cieux Ont perdu leur éclat, leurs rayons lumineux,

Nous te voyons des bois éclairant le mystère,

Sur tes ailes de feu nous rendre la lumière.

8TANCEB.

Fasse le ciel, alors qu’à leur déclin Mes jours auront perdu le prisme du matin,

Qu'un feu semblable au tien écartant mes ténèbres, Dissipe de ma nuit les images funèbres.

Stances.

Toi qui de l'âme en peine, Sèche les pleurs,

Que ce monde serait une bien triste arène Si, quand ils sont blessés, tu ne pansais nos coeurs 1 Tous nos amis d'été, n'attendent pas l’automne Pour nous quitter avant l’hiver ;

Et qui ne peut offrir que douleur monotone,

Peut cuver seul tout son chagrin amer.

Mais Toi, du coeur tout brisé de souffrance Tu sais soulager la douleur,

Ainsi que le dictame enfante l’espérance,

En laissant découler un parfum de sa fleur.

Quand nous a fui la joie,

Et pour jamais,

Quand l’espérance a fui, lorsque notre âme en proie A d'étemels chagrins, ne rêve que regrets,

Oh ! qui supporterait le fardeau de la vie 1 Si soudain Ton aile d’amour Ne venait présenter à notre âme ravie

Le rameau vert de l’étemel séjour?

Touché par Toi, notre chagrin s’éclaire D’un rayon du divin Amour, ' Ainsi l’obscurité nous fait voir la lumière Des mondes à nos yeux invisibles le jour.

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