À LA BRISE DU PRISTEMP
A la blanche lumière De l’astre tutélaire,
J’ai vu Fée en goguette, et Gnomes et Lutins,
8e trémousser autour du trône Oit, fraîche comme une anémone,
Etait Titania, Iieine aux yeux si hautains.
Mais Esprit de la brise Dont la musique exquise Et l’ haleine embaumée ont sur moi tant d’effet ;
En vain veux le voir ton visage,
Car impalpable est ton image,
Et pour te pénétrer l’oeil n’est assez partait.
Tu n’es qu’un son peut-être.
Ou d’une fleur champêtre Que le parfum; ou bien rustique Déité
Assise en sa grotte mousseuse,
Qui roucoule silencieuse,
Des nymphes d’alentour un chant de nuit d’été.
Heureuse chose errante,
Qui portes sous ta mante Un parfum, un doux son, une aimable fraîcheur ;
A travers bosquets et prairies,
Tu vis de tes galanteries,
Et sais happer au vol l’haleine de la fleur.
Sur mon front chaud tu glisses, Quelle mer de délices
Tes baisers doux et fiais ont fait naître en mes sens 1 Voilà que mon âme est en proie A la plus ineffable joie,
Jamais ne ressentis ce qu'aujourd’hui ressens.
De mon cerveau malade Voilà qu'en cavalcade Au galop, au galop sortent mes souvenirs ;
Devant mes yeux, ô doux mirage!
Voilà que passe mainte image Dans le passé puisant de chers ressouvenirs !
D’oîi vient ce charme étrange . . .
Es-tu la voix d'un ange ?
Des monts de ma patrie es-tu la douce voix.
De tant de fraîcheur imprégnée,