À LA BRISE DU PRINTEMPS
De tant de calme accompagnée,
Qui vient pour endormir mes esprits aux abois.
Oh ! oui sous ton haleine, Je découvre sans peine Joyeuse émotion dont me souviens, Esprit;
Et dans ta voix je crois entendre Les sons confits d’amitié tendre,
Qui me berçaient jadis quand j’étais tout petit.
N’as-tu pas, d’aventure, Sur la riche verdure
De nos riants vallons, coureur, porté tes pas;
Et n’as-tu pas de mon amante * Dérobé l’haleine énivrante . . .
Dans ton si doux baiser j'ai humé ses appas.
N'as-tu pas pris ta course Près de la fraîche source Oh Sabrina s’endort sous le parfum des fleurs ;
N’as-tu pas passé la chaumière Oh tous mes aimés sur la terre Vivent sous des bosquets aux suaves odeurs 1
As-tu pris sous ton aile Le chant de jouvencelle Que ma sœur aime à dire aux échos d’alentour;
Ce chant, & la fois tendre et grave, Est peut-être encor plus suave S’il se trouve aujourd’hui tout imprégné d’amour.
Peut-être au clair de lune Se promenait ma brune Son doux regard fixé sur la voûte des cieux, Lorsque tu surpris sa pensée,
Et la laissas, douce rosée, S'infiltrer sur mon front fatigué, nébuleux.
De ton souffle éphémère L’océan n’a que faire,
Tu n’as pas à remplir les voiles du marin ;
Ta vie est repos, jouissance,
Et ta si douce nonchalance Aux autans n'a jamais disputé le chemin.
Mais vif tu papillonnes, La fleur tu la chiffonnes,
STANCES