LES VIOLETTES
Ces pies aigus couronnés de nuages,
Cette île aimée, et son lao, et la mer,
Tout me redit la vie et ses orages,
Ses intérêts, son dot parfois amer.
De lit vient que quoique souvent ma muse Dans le passé des jours se plaise et muse, Que je regarde encore avec émoi Le ciel, la mer, le mont, que sais-je moi? Ce n'est pas là que mon âme endormie O Poésie évoque ton pouvoir ;
Depuis longtemps te dis adieu ma mie,
Et tu t'en fus où ... ne puis le savoir.
A mon foyer j’ai suspendu ma lyre,
Ne chante plus, n’ai regret de le dire ; Puisqu’à présent j’ai dans mon cher logis Paix et savoir, l’amour et des amis :
Que mes devoirs de pasteur ont pu faire Un peu de bien, et du ciel sont bénis ;
Et que l’espoir de vivre en Notre Père Un jour . . . sur terre est notre Paradis 1
Les Violettes.
“Sous les gazons touffus, dans de vertes chambrettes. Après la neige on voit les gentes violettes Se cacher, en faisant semblant de sommeiller,
Dans leur doux lit mousseux qui leur sert d'oreiller.
“ Ayant le bleu du ciel, et le parfum des roses,
Elles vivent à part, sans bruit et bouches closes,
La tête dans le nid, et n’était leur odeur,
L’œil chercherait en vain où s’abrite leur fleur."
A l'âge de onze ans, ma tille bien aimée I Tel fut le premier jet de ta muse charmée ;
A treize ans plus encor mon amour, mon orgueil, Violette est ton cœur, myosotis ton œil.
Aussi qu’il soit béni le jour de ta naissance !
Dans nos fastes jamais, nul n’eut plus d'éminence ;